Le ministre de la Défense a rendu visite hier au 1er Régiment de France « ancré » à Colmar. Le ministre a rencontré des militaires du Quinze-Deux de tous grades visitant des chambres et discutant avec les soldats sur leurs conditions de vie. De nombreux fantassins revenaient du Liban et du Mali où ils avaient notamment participé à la sécurisation de l’aéroport de Bamako aux côtés du CPA 20.

Deux tables rondes, constituées d’officiers et de sous-officiers, en fin de matinée se sont déroulées à huis-clos.

A l’heure de nouvelles restructurations, de suppressions de postes, de mutations, il aurait été toutefois surprenant que le ministre annonce aux Diables Rouges une réduction des effectifs, au pire une dissolution, concernant un prestigieux régiment dont la devise justement est de ne « NE PAS SUBIR ». Ce qui ne sera probablement pas le cas du 110e RI installé à Donaueshingen, en Allemagne.

La visite fut l’occasion de visiter les ateliers d’entretien des véhicules, les simulateurs de formation sur VBCI et d’assister à la présentation d’un groupe de combat d’infanterie VBCI constitué d’une équipe « 300 » (équipé de Famas avec une visée à 300 m), d’une équipe « 600 » avec un fantassin armé d’une minimi en 7.62, d’un tireur d’élite équipé d’un fusil de précision FRF-2.

Clôturant sa visite par un discours devant quelques 300 fantassins, Jean-Yves Le Drian a présenté les nouvelles réformes de la Loi de programmation militaire. Concernant le scandale Louvois, qui traîne depuis de long mois sans trouver de solutions convaincantes et définitives, le ministre de la Défense a déclaré « La République vous présente ses excuses ». Mais les militaires ne sont pas dupes, voyant les gouvernements successifs agir contre leur communauté, ils deviennent de moins au moins sensibles aux sirènes de la communication…de crise. Il n’est pas certain que le tour de France des unités entamé par le ministre de la Défense trouve un écho compréhensif et approbateur. L’amertume s’enracine profondément dans les cœurs et les esprits des militaires qui ont choisi de servir la France…mais qui, en retour, sont de plus en plus mal servis par elle. Attention à ce que la « variable » d’ajustement ne prenne pas la « tangente » désastreuse.

Il n’est pas inutile de préciser que dans d’autres institutions, le ministre de tutelle aurait certainement été accueilli par des piliers de grèves, des pneus enflammés et des vociférations revendicatrices. Là encore la « Grande Muette » demeure toujours la « Grande Perdante ». Jusqu’à quand ?