Dans son dernier ouvrage, David Kilcullen, ancien officier de l’armée australienne devenu l’un des promoteurs de la « contre-insurrection » en Irak et en Afghanistan — il a en particulier été l’un des artisans de la mise en œuvre du Surge à Bagdad, en 2007-2008 — pose les métropoles « encombrées, littorales et connectées » comme les théâtres privilégiés, et particulièrement exigeants, des opérations militaires futures. 
 
Lieux de concentration humaine, mais aussi foyers et relais de réseaux économiques et sociaux planétaires, en extension permanente, les méga-cités — particulièrement celles des pays en développement et émergents — posent des défis spécifiques, liés à l’intersection de trois éléments : l’accroissement démographique, l’urbanisation des littoraux, la connectivité numérique. Ces villes assez grandes pour engloutir une armée, et dont l’interconnexion avec le reste du monde garantit que tout événement s’y produisant aura un écho planétaire exigent en conséquence, pour être « domestiquées » et contrôlées, l’adoption d’approches et de méthodes spécifiques.
 
À partir d’une discussion critique de cette thèse, telle que l’expose D. Kilcullen, il s’agira d’interroger plus largement la double question du statut particulier des métropoles urbaines comme interfaces privilégiées entre les espaces solides et fluides, et d’explorer les problématiques spécifiques liées aux espaces interfaces (la ville) et frontaliers (les littoraux) entre espaces solides et fluides, afin d’affiner la définition et la distinction entre ces deux catégories.
 
Laurent HENNINGER
Conférencier : Benoist Bihan, chercheur en études stratégiques, et coordinateur éditorial pour les magazines « Histoire & Stratégie » et « Défense & Sécurité Internationale » (DSI)
PS : Suite à un petit problème technique lors de l’enregistrement, il y aura une légère coupure (de quelques secondes seulement) après 30 mn de conférence. Laurent Henninger s’excuse pour ce petit incident.