Bourg-Saint-Maurice. En 2012, le 7e bataillon de chasseurs alpins doit, à contrecoeur, quitter ce village montagnard qui avait accueilli des générations de soldats. La moitié du camp de Vulmix et ses bâtiments militaires a été cédé pour un euro symbolique à la mairie du village. Cette partie est pour l’heure à l’abandon.
Quelle joie d’y voir, en cette douce fin d’octobre,  plus d’une soixantaine d’uniformes camouflés s’entraîner avec ardeur ! Le camp de Vulmix accueille en effet treize jours durant 45 jeunes désireux de devenir réservistes, avec leur encadrement. Ils suivent une formation militaire initiale de réserve (FMIR), qui leur permettra d’acquérir les fondamentaux de la formation d’un soldat et d’évaluer leur fiabilité. Car les réservistes assurent aujourd’hui une grande partie des gardes mises en place par le plan Sentinelle depuis les attentats contre Charlie hebdo. La formation se révèle très rigoureuse : on ne laisse la responsabilité des armes qu’à des soldats techniquement au point, drastiques sur les règles de sécurité, et à la solidité éprouvée. C’est ce que doit déterminer la FMIR.
Venus des différentes unités constituant la 27e Brigade de montagne, ils sont formés par les cadres réservistes du 4e régiment de chasseurs (Gap) et du 13e BCA (Chambéry). Il s’agit de la première FMIR dont l’encadrement est mutualisé. Cette « première » fut saluée par le général Jacquement, Délégué aux Réserves de l’armée de Terre, qui souhaite l’extension de cette pratique.
Pour l’heure, l’ambiance à Vulmix est étonnante. L’une des deux sections n’a pas dormi la nuit précédente. Installée en bivouac, elle a subi des assauts répétés jusqu’au petit matin.  Et pourtant, sur tous les visages, un sourire resplendit. Cours théoriques, tir, combat, sport, vie militaire, les disciplines s’enchaînent à un rythme soutenu. Mais malgré la fatigue, ils sont heureux d’apprendre pour servir leur pays, heureux des amitiés qui germent dans l’effort. Le reportage qui suit permet de s’introduire au cœur de cette formation, d’en découvrir la substance et l’esprit. N’ont-ils pas l’air heureux ? Jugez-en par l’image !
 
Claire BOLZE