L’Égypte a réceptionné mardi à Lorient une frégate multi-missions FREMM, future pièce maîtresse de ses forces navales en pleine phase de modernisation, avec en perspective le renforcement de la sécurité dans le canal de Suez.

L’imposant bâtiment de 142 mètres et 6.000 tonnes, tout juste achevé, a été remis officiellement au ministre égyptien Sedki Sobhi lors d’une cérémonie en présence de son homologue Jean-Yves Le Drian aux chantiers navals de Lorient.

« C’est le premier jalon concret d’une relation privilégiée qui s’est construite au plus haut niveau de nos deux pays », s’est félicité M. Le Drian. « Notre relation de défense symbolise enfin la reconnaissance par la France du rôle central que joue l’Egypte pour la sécurité de la région. Tandis que se développent, en Afrique et au Proche et Moyen Orient, des menaces terroristes sans précédent, les forces armées égyptiennes apparaissent comme un facteur de stabilité incontournable. Cette menace que j’évoque ici, se concrétise notamment en Libye, aux frontières occidentales de l’Egypte, où l’extension de Daech et des autres groupes terroristes constitue une source d’inquiétude grave, pour les deux rives de la Méditerranée. Mais ailleurs aussi, en Irak ou en Syrie, l’entreprise de terreur conduite par Daech alimente un travail de sape des fondations politiques et sociales des Etats. Aujourd’hui, nous réaffirmons aussi par ce partenariat notre détermination à combattre cette menace », a observé le ministre français, insistant particulièrement sur la menace du groupe État islamique en Libye.

Sobhi a estimé que la frégate permettrait à la Marine égyptienne d’effectuer « un saut qualitatif, d’apporter un puissant appui au niveau stratégique« . « Je souhaite une coopération beaucoup plus renforcée entre forces égyptiennes et françaises », a-t-il déclaré.

Le ministre français de la Défense a également félicité « l’action résolue de l’amiral Bernard Rogel et du président de DCI, Jean Michel Palagos, et de toutes leurs équipes. Ensemble, ils ont tout mis en œuvre pour faciliter – en un temps record – le transfert de savoir-faire entre les deux équipages d’armement » ainsi que « l’équipage égyptien en formation depuis début mars » qui « a montré un engagement total dans la volonté de réussir son appropriation de la frégate. »

L’Égypte a acquis ce bâtiment en février – un contrat estimé à un milliard d’euros avec les équipements et la formation – en même temps que 24 Rafale, ouvrant alors la voie au succès de l’avion de combat français à l’export.

La FREMM, dédiée à la lutte anti-sous-marine, anti-navires et anti-aérienne, dispose entre autres d’une plateforme pour hélicoptères, de missiles surface-air et anti-navires ainsi que de 19 torpilles et quatre mitrailleuses.

Elle constitue une pièce maîtresse dans la modernisation de la Marine égyptienne, qui vient aussi de recevoir deux patrouilleurs lance-missiles américains et s’est dotée de quatre corvettes Gowind françaises afin de renforcer sa lutte contre le terrorisme et la protection du canal de Suez et de la Mer rouge.