La 55e promotion de l’école militaire interarmes succède dorénavant à la promotion « Lieutenant Nungesser » qui a été particulièrement dynamique dans leurs actions de communication. Dorénavant la nouvelle promotion prend le relais avec comme parrain le colonel Michel Vallette d’Osia (1926-2009). Composée de 83 élèves officiers, la promotion a intégré l’école de Saint Cyr Coëtquidan à l’été 2015 et sortira en juillet 2017.


Lt M Vallette d'OsiaBiographie du colonel Vallette d’Osia

C’est désormais au tour de la 55e promotion « Colonel Valette d’Osia » de prendre le relais. La promotion a choisi pour parrain un officier brillant ayant décroché en 1942 son bac de philosophie à 16 ans.

Né en 1926, issu d’une lignée d’officiers, fils du général Jean Vallette d’Osia, aîné de huit enfants, il aura sept enfants et de nombreux petits-enfants.

En septembre 1942, après un baccalauréat de philosophie obtenu à l’âge de 16 ans, Michel Vallette d’Osia entre au Prytanée, alors retranché à Valence dans une caserne. Son père, Jean Vallette d’Osia qui prépare dès 1940 l’entrée en résistance du 27e BCA, lui fait promettre de ne le rejoindre qu’après avoir passé le concours de Saint-Cyr. En juillet 1944, Michel Vallette d’Osia veut rentrer en résistance.

« Je prends contact avec un maquis Auvergnat, mais sans arme et sans aucune compétence, ma candidature ne les intéresse pas. Alors, j’attends la libération et me précipite en Savoie. Je retrouve Papa en train de bâtir sa Division, d’abord à Lesdiguières, puis à Challes-les-Eaux, et suis affecté au bataillon des Glières, qui deviendra 1er Bataillon de Haute-Savoie, puis 27ème B.C.A. sous les ordres du capitaine Godard», écrit-il dans une préface à ses souvenirs d’Indochine.

En effet, après le débarquement en Provence et la ruée des Alliés vers le nord, les allemands sont refoulés dans les Alpes. Mais l’ennemi s’accroche sur les principaux cols italiens. Jeune engagé, Michel Vallette d’Osia y connait son baptême du feu lors de la campagne des Alpes.

En décembre 1944, les candidats ayant réussi le concours de Saint Cyr et qui ont choisi de servir en unités combattantes sont convoqués à Cherchell. Il y intègre la promotion Rhin français, de décembre 1944 à juin 1945 où il reçoit ses épaulettes d’aspirant. A cette époque, les cadets ayant réussi le concours de Saint Cyr peuvent intégrer comme cyrards à la condition de faire 6 mois à Coëtquidan, puis un an d’Ecole d’Application. Agé alors de 19 ans, il délaisse une carrière de saint cyrien pour devenir un officier semi-direct. Il est affecté, comme chef de section, à la « Belle 2 » (2ème Cie) du 13e BCA en partance pour l’Autriche. Formé à la rude école de la montagne, il s’y forge une forme d’athlète qui lui servira dans ses opérations futures.

Début 1947, le 13 met sur pied une compagnie de renfort pour l’Indochine et le Cne Desserteaux en prend le commandement. Michel Vallette d’Osia se porte volontaire. Mais priorité est donnée à des officiers plus expérimentés. Il établit alors une demande de mutation pour les parachutistes d’Indochine.

En novembre 1947, sa demande de mutation est acceptée et après des adieux émus, il part se faire breveter à Pau.

1948-1950 : Premier Séjour

Ce n’est qu’en mars 1948 que Michel embarque à Marseille en direction de Saïgon. A son arrivée en terres indochinoises, il est directement envoyé à Cao-Bang où il est parachuté en renfort du 1er RCP.

En septembre 1949, il est affecté à Son-La sous les ordres d’un certain Bigeard. Ce dernier dira de Michel Vallette d’Osia : « Sur le Song Ma, au sud à Muong Hung, j’ai eu la chance de recevoir le lieutenant Vallette d’Osia, fils de général, solide comme un roc, toujours prêt à en découdre… à freiner plutôt qu’à pousser.» (Pour une parcelle de gloire)

Commandant de compagnie à 24 ans, il acquiert rapidement un sens exceptionnel du terrain par ses déplacements permanents dans sa zone d’action où il a des responsabilités civiles et militaires.

2ème séjour 1951-1953

De retour en France, le capitaine Vallette d’Osia commandera la « belle 2 » du 13e BCA. Il n’y restera que quelques mois car, en mal d’aventure, il demande une nouvelle fois sa mutation pour retourner combattre en Indochine.

Il est affecté en 1952 au 8e BCP comme officier renseignement, puis prend rapidement le commandement de la 16e compagnie à la tête de laquelle il s’illustre jusqu’à son retour en métropole.

Parachutiste parmi ceux qui ont compté le plus de saut de guerre, blessé trois fois, il revient d’Indochine dix fois cité, chevalier de la Légion d’Honneur et plus jeune capitaine de France (au choix à l’époque).

De ce pays, il en gardera des souvenirs à jamais gravés dans sa mémoire qui lui auront permis d’entretenir son idéal d’officier au service de la France : « Indochine, magnifique pays, aux paysages somptueux, de la baie d’Along aux montagnes Thaïs avec ses herbes à éléphants et ses couchers de soleil extraordinaires : comme la plupart de mes camarades, j’ai laissé en Indo une partie de mes rêves et me souviendrai de ces populations si attachantes jusqu’au bout de mes jours. »

pucelle-de-la-55eme-promotion-de-l-emiaFin de carrière

Il prend de nouveau le commandement d’une compagnie, cette fois au 11e choc, puis réussit le concours de l’école d’état-major, ce qui l’amène à participer au montage de l’opération de Suez.

Il est alors envoyé en Algérie et s’y distingue par son sens de la manœuvre à l’état-major de la 10e DP puis à la 2e compagnie du 14e RCP. Il en revient avec une nouvelle blessure et deux citations, pour prendre le commandement d’une compagnie d’élèves polytechniciens. Brillamment admis à l’école de guerre, où il présente notamment ses réflexions sur la guerre contre-révolutionnaire, il démissionne à sa sortie en 1963, par fidélité à la devise familiale qu’il a faite sienne : « Honneur passe honneurs ».

Il attend donc l’amnistie générale pour reprendre du service, restant ainsi fidèle à son idéal. Il continue ensuite à servir son pays au cours de multiples périodes de réserve et comme instructeur des élèves ORSEM.

Il a repris du service par amour de sa Patrie, alors que la pression du pacte de Varsovie était très importante sur l’Europe. Ses camarades de l’école de guerre, devenus peu à peu généraux, étaient heureux de pouvoir compter sur un réserviste disposant de ce niveau et de cette expérience.

Après sa carrière militaire, il a travaillé dans le bâtiment et travaux publics avant de prendre une retraite active, notamment par son engagement dans le scoutisme et dans d’autres associations (Aide à l’Eglise en Détresse,…).

Il meurt à 83 ans, au terme d’une vie marquée par une carrière d’une exceptionnelle densité. Le colonel Michel Vallette d’Osia a été enterré le 29 septembre 2009 à Annecy, en la fête de Saint Michel, patron des parachutistes. Elie de St Marc dira à sa mort : « C’était un homme d’exception, je dis cela non pas comme une formule toute faite, mais en me souvenant très précisément de l’éclat de sa carrière, de ces combats que nous avons menés, côte à côte. Je croyais ce qu’il disait, il disait ce qu’il croyait. C’était un homme d’une très grande franchise, incapable de dissimuler quoi que ce soit dans ses paroles et dans ses actes. »

Faits d’armes et décorations :

Le colonel Michel Vallette d’Osia est commandeur de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, titulaire de la croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieures et de la croix de la Valeur militaire. Il a reçu douze citations dont trois à l’ordre de l’armée, son nom restera indissociable de la grande épopée des parachutistes.