Guerre froide ManificatMêlés de près à des évènements captivants et acteurs d’une histoire restée longtemps secrète, les membres des trois missions militaires de Potsdam, britannique, américaine et française, accréditées auprès du Haut Commandement soviétique en Allemagne, ont traversé l’époque tumultueuse de la Guerre froide sans que leurs aventures soient connues.         

Puis le Mur de Berlin est tombé, l’Allemagne s’est réunifiée, l’URSS redevenue Russie est retournée dans ses frontières. La Guerre froide révolue, le temps était venu de soulever un coin du voile.  

Si la recherche du Renseignement est un art difficile, en faire la trame d’un ouvrage est un défi osé. Bien que cet art soit vieux comme le monde et que sa nécessité semble évidente, nombre de nos vertueux compatriotes persistent à lui trouver quelque chose d’infamant, voire d’inutile. Quoi de plus naturel pourtant que de s’informer sur les menaces qui pèsent sur notre pays ou sur les dispositions prises par l’adversaire ? Quoi de plus risqué aussi que de rechercher ces informations chez lui, au sein de son dispositif derrière le Rideau de fer, comme ce fut le cas entre 1945 et 1989 !   

Destinés à éviter que ne tombent dans l’oubli ou ne restent ignorés le sacrifice et les blessures de quelques-uns, le courage et le savoir-faire de beaucoup, les premiers livres ont   été publiés, par les Britanniques d’abord, les Américains ensuite et les Français enfin. Ces ouvrages ont contribué à faire mieux connaître à l’extérieur leur existence et leurs actions passées.         

Cet album de photographies n’a pas d’autre ambition que de rendre hommage aux membres de ces missions en montrant la vie quotidienne des équipages et les aventures qu’ils ont vécues sur le territoire de la zone soviétique d’occupation en Allemagne devenue la République démocratique allemande (RDA). Pas une de ces photographies n’a été prise dans l’idée d’être un jour publiée. Elles sont pour la plupart des souvenirs personnels des « missionnaires » mais certaines proviennent de leurs adversaires de la Stasi. Les images choisies ou parfois les seules disponibles en raison de la malencontreuse destruction des archives françaises en 1991, restituent les difficultés de leur entreprise risquée.               

Mais quelle était donc la nature du travail de ces missions militaires de liaison alliées ?   

Malgré la chape de mystère qui les recouvrait, leurs activités étaient d’une absolue rectitude : prendre avantage de leur présence légale en Allemagne de l’Est, ratifiée par des accords, pour recueillir le plus de renseignements possibles sur le Groupe des Forces Soviétiques en Allemagne (GFSA) qui vivait et s’entraînait en RDA aux côtés de l’armée populaire est- allemande, la NVA.           

Leurs armes ? Aucune, sinon un appareil photographique ou une caméra, des jumelles, un magnétophone, un récepteur radio, des cartes, une boussole et une puissante voiture…              

La présence des trois missions de Potsdam parcourant quotidiennement tout le territoire de l’Allemagne de l’Est, de jour comme de nuit et par tous les temps, apportait aux responsables politiques et militaires occidentaux l’assurance que, si des préparatifs d’hostilités étaient mis en oeuvre dans cette zone, en direction de Berlin ou de l’Europe de l’Ouest, les équipages des missions alliées les découvriraient… 

Général (CR) Patrick Manificat, Ancien « Missionnaire » de Potsdam     

L’auteur : Le général Patrick Manificat, saint-cyrien de la promotion « Vercors » (1960), a servi dans diverses unités parachutistes, d’abord au 11e Bataillon parachutiste de choc à Perpignan, puis comme instructeur au Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Mont-Louis-Collioure. Il a notamment commandé le Groupement opérationnel du 1er Régiment parachutiste d’infanterie de marine à Bayonne, le Centre d’entraînement des réserves parachutistes de Cercottes et le 11e Régiment parachutiste de choc. Par la suite, après avoir été professeur à l’Ecole supérieure de guerre et auditeur à l’IHEDN, il a dirigé le Bureau Renseignement de l’armée de Terre et la sous-direction Recherche de la Direction du renseignement militaire. Outre les opérations spéciales du 1er RPIMa et les opérations clandestines du 11e Choc, le général Manificat a participé à de nombreuses interventions. Il a également passé trois ans derrière le Rideau de fer à récolter les renseignements sur les forces soviétiques et est-allemandes au sein de la Mission militaire de liaison près le haut commandement soviétique à Postdam (MMFL). Il a terminé sa carrière à la tête de l’Ecole nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent.

Editions Histoire & Collections, 200 pages, 1000 photos, 39,95 €

Visionner aussi sur Theatrm Belli le documentaire sur « Les sentinelles de la guerre froide »

Patrick Manificat est aussi l’auteur d’un ouvrage écrit sur le même sujet « PROPOUSK ! » chez les Editions Lavauzelle