Une étude de la revue britannique IHS Jane’s estime que près de la moitié des 100.000 combattants rebelles syriens sont des djihadistes ou des islamistes durs.

Les rebelles syriens sont pour près de la moitié d’entre eux des djihadistes ou des islamistes durs. Selon une étude de la revue de défense britannique IHS Jane’s, dévoilée par le Daily Telegraph, les opposants armés au régime de Bachar el-Assad compteraient ainsi dans leurs rangs environ 10% de djihadistes, dont des étrangers, appartenant à des groupes liés à al-Qaida.

L’analyse, qui devrait être publiée intégralement cette semaine, estime que 30 à 35 % des rebelles sont par ailleurs des islamistes convaincus. Proches des djihadistes, ces derniers se concentrent néanmoins uniquement sur le conflit syrien. Enfin, un autre tiers des combattants dépendent de groupes qui défendent eux aussi des théories islamistes, même si leur vision de l’islam est plus modérée. Au total, les insurgés seraient près de 100.000, une force éparpillée entre plus de 1000 brigades plus ou moins puissantes. «L’insurrection est aujourd’hui dominée par des groupes qui ont au moins un point de vue islamiste sur le conflit. L’idée qui veut qu’elle soit conduite par des éléments laïcs n’est tout simplement pas confirmée», résume Charles Lister, l’auteur de l’étude.

Les estimations de Jane’s correspondent à celles de la majorité des diplomates occidentaux. Le plus grave est que l’influence des groupes des plus extrémistes, Jabhat al-Nosra et l’État islamique d’Irak et du Levant, sur la rébellion n’a fait que croître ces derniers mois.

Plus organisés, meilleurs combattants, les islamistes gagnent à leur cause de plus en plus de rebelles. Leur mainmise sur certains circuits économiques leur permet aussi dégager des fonds et d’acheter la reconnaissance des civils en offrant de l’aide alimentaire ou des médicaments. «Les islamistes sont si nombreux qu’il est à craindre que si l’Occident ne joue pas ses cartes finement, de plus en plus de gens ne se détournent des laïcs que nous soutenons», analyse Charles Lister. Il redoute aussi que face aux indécisions de l’Ouest, la frange la plus modérée des islamistes ne se radicalise.

Source : LE FIGARO