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Debout, mon peuple ! La flamme monte, et la fumée !

Vois au Septentrion poindre la liberté !

Plonge et trempe le fer au cœur des ennemis !

Debout, mon peuple ! – La flamme monte, et la fumée !

Vite, à l’ouvrage, moissoneurs : les blés sont mûrs !

Le plus haut salut, l’espoir ultime habite les épées !

Que notre cœur loyal saigne à flot sous leurs armes !

Brise le soc, jette à terre le ciseau !

Poète, tisserand, laisse là ton ouvrage !

Que l’on quitte la ferme et quitte le château !

Le dieu qui sent passer le souffle des drapeaux

Veut voir son peuple entier debout et sous les armes.

L’aurore impérissable où point la liberté

Attend que l’on bâtisse un autel à sa gloire ;

C’est à nous d’en tailler la pierre à coup d’épée

Et de fonder le temple sur la mort des héros…

Le ciel est avec nous, l’enfer tremble et recule !

« Debout, peuple, en avant ! » clame la liberté !

Rythme lourd de ton cœur, rythme lourd des chênes !

Qu’importent les monceaux où s’entassent les corps ?

Plantent sur eux les étendards d’un peuple libre !

Mais lorsque dans l’éclat d’un lointain passé reconquis,

La Fortune à ton front mettra son auréole,

O mort, n’oublie point les morts qui tombèrent fidèles

Et pose sur leurs urnes une couronne de chêne !

Karl-Theodor KÖRNER

Karl-Theodor KÖRNER
1791 – 1813
Mort au combat à 22 ans