Dans un entretien téléphonique avec le Roi du Maroc, le jeudi 22 janvier, le secrétaire général des Nations Unies a voulu mettre fin  aux spéculations sur le projet de modifier le mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso).

Depuis  quelques années, la partie adverse, l’Algérie qui sponsorise le groupe activiste séparatiste du Polisario, a déployé beaucoup d’efforts et de moyens pour créer un lobby militant en faveur de l’extension du mandat de la Minurso de façon à en faire une sorte d’organisme de contrôle dans les affaires intérieures des provinces du méridionales du Maroc. Cette exigence est d’autant plus inacceptable qu’Alger s’oppose à l’envoi de toute mission impartiale dans les camps de Polisario de Tindouf en territoire algérien, où pourtant la situation des droits de l’homme est déplorable et qui sont une véritable pépinière du  terrorisme.

Afin d’éviter « les approches partiales » et « les options périlleuses», le Maroc n’a cessé d’insister sur l’impératif de préserver les paramètres de la négociation tels qu’ils sont traditionnellement définis par le Conseil de sécurité  Il semble que Ban Ki Moon ait entendu  le message. Dans son récent entretien avec le Roi Mohammed VI il a donné «des assurances fermes quant à la neutralité, l’objectivité et l’impartialité des responsables de l’ONU en charge de la conduite de la facilitation onusienne ». Le secrétaire général donne donc  la garantie que  la Minurso « poursuivra sa mission dans le respect strict de son mandat actuel ». Du même coup il refuse le jeu de certaines parties qui ont tenté d’instrumentaliser la mission de l’ONU en lui faisant perdre sa neutralité et son objectivité. Cela devrait permettre la reprise du processus visant à trouver une solution à un conflit artificiel qui contribue à mettre en péril la stabilité régionale. La solution est d’ailleurs à portée de main puisqu’il suffirait d’apporter un plein soutien au plan d’autonomie, sous souveraineté marocaine, proposé par le Maroc et considéré comme  sérieux, crédible et réaliste par  les grandes  puissances et les résolutions du Conseil de sécurité .

Il  est notable que Ban Ki Moon a souligné « le rôle important que joue le Maroc en matière de maintien de la paix et de la stabilité régionales, dans le cadre de la contribution positive du Royaume aux Nations unies et en faveur des pays africains pour les aider à développer leurs économies ». L’action essentielle exercée par le Maroc dans  la lutte conte contre l’extrémisme, la radicalisation et le terrorisme explique sans doute l’évolution du secrétaire général des Nations Unies sur la question du Sahara marocain. Cette évolution est à rapprocher de la récente décision des Etats-Unis de renouveler une enveloppe de plusieurs millions de dollars d’aide militaire au Maroc pour  2015, incluant les provinces du Sahara marocain, et de la déclaration de l’Egypte, le 16 janvier dernier, visant à réaffirmer son attachement à l’intégrité territoire du royaume et son soutien au plan d’autonomie au Sahara marocain. 

Dans une période de menace terroriste et de déstabilisation au sud de la Méditerranée le Maroc apparait bien comme le partenaire indispensable. Raison de plus, comme le souligne Frédéric Pons dans Valeurs actuelles (22 janvier) pour que Paris renoue vite les liens privilégiés « avec ce fidèle allié ».

Charles Saint-Prot

Directeur de l’OEG