S’agit-il d’un simple problème de mise à jour ? Toujours est-il qu’on ne trouve pas trace aujourd’hui, sur le site Internet de l’ONU, de la semaine annuelle du désarmement. Sa célébration est pourtant censée avoir lieu chaque année, et ce depuis 1978, autour du 24 octobre, au moment de la date anniversaire de la fondation des Nations Unies. Mais le compteur s’arrête en 2013.

Est-ce à dire que la question du désarmement n’est plus d’actualité ? À regarder la carte des conflits pour cette année 2014, on est tenté de répondre qu’en effet, voilà un sujet qui parait un peu « décalé ». Comme le note l’Institute for Economics and Peace, un think tank qui publie chaque année un indice global de la paix dans le monde, la conflictualité n’a jamais été aussi forte depuis 2008. Irak, Syrie, Centrafrique, Ukraine, Mer de Chine…la liste est longue de ces guerres effectives ou larvées. Toujours selon cette même organisation, il n’y aurait guère que 11 pays sur la planète à ne pas être impliqués dans un conflit.

Voilà pour la vision pessimiste. Pourtant, d’ici la fin de l’année, un important traité participant du désarmement global va entrer en vigueur : le Traité sur le commerce des armes. Signé en avril 2013, il n’attendait plus que sa ratification par un nombre suffisant d’États, à savoir une cinquantaine, pour entrer en vigueur. C’est chose faite depuis le mois dernier.

AVEC : 
– Etienne de Durand, directeur du centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri) et professeur à l’Institut d’études politiques de Paris.
– Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et membre du conseil consultatif pour les questions de désarmement à l’ONU.
– Yannick Quéau, consultant indépendant et chercheur associé au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP).