Sur les rives de la Volga au nord de Moscou, une vingtaine de vétérans des troupes aéroportées françaises sont venus conquérir le Brevet de Parachutisme Militaire de 1er Degré Russe. Anciens des guerres d’Indochine et d’Algérie, 60 ans après la chute de Dien Bien Phu, ils ont coiffé leur béret rouge et endossé les antiques parachutes de l’Armée Rouge pour trois sauts mythiques en automatique depuis un biplan Antonov 2 datant de 1947. 

Voyage dans le temps et sensations garanties ! Un reportage photos de Thomas Goisque.

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Paras Russie

L’Histoire de la Préparation Militaire Parachutiste débute en Union soviétique. Les centres de parachutisme sportif regroupent des milliers d’adeptes. Suite au rapprochement franco-soviétique, Pierre Cot, ministre de l’Air, envoie une mission au centre d’instruction parachutiste de Touchino près de Moscou. Des officiers de l’armée de l’Air, Lefort, Durieux et Geille, un officier du Génie, Pechaud du Rieu, effectuent un stage du 15 mai au 15 juin 1935.

Ils assistent à une chute de 700 paras russes suivie du débarquement de 4 bataillons avec leurs véhicules. Durieux et Geille sont brevetés moniteurs parachutistes sous la direction des commandants Mochklovski et Zabeline. Après cette expérience, le premier centre d’instruction parachutiste militaire est créé sous la houlette de l’armée de l’Air à Avignon-Pujaut sous la direction du cdt Geille, secondé par un instructeur soviétique le cdt Kaïtanoff qui se tuera accidentellement en 1936. Chaque officier français reçoit une mission particulière. Celle du chef de bataillon Pechaud du Rieu est d’étudier l’instruction technique du parachutisme russe et la formation des parachutistes de l’armée de Terre.

« L’instruction préliminaire de la jeunesse soviétique est extrêmement développée. Elle est assurée par l’Ossoaviakhim qui couvre la totalité du pays d’un réseau puissant d’organisations fortement hiérarchisées qui vont se ramifiant en cellules jusqu’à l’usine, jusqu’au village, jusqu’au kolkhoze. Cette institution, dirigée par un homme très énergique, profond et patriote, excellent organisateur, le général Eidemann, a réussi à créer, par la propagande, un mouvement passionné de la jeunesse pour les choses de l’Air… Le parachutisme est devenu le moyen d’instruction le plus populaire. C’est le moins coûteux et le plus facile à disséminer. Question de tempérament, peut-être, il est devenu un véritable sport national… » note Durieux. Suite au rapport, la Préparation Militaire Parachutiste est pour la première fois évoquée en France dans une note du général Denain au ministre de la Guerre le 26 novembre 1935.

Thierry d’Athis

Le Livre d’Or PM PARA, Editions LBM, 2009