La France s’est attaquée directement à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le plus virulent des groupes islamistes dans le Sahel, en visant notamment un centre de commandement des terroristes près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises.

Lundi, le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l’état-major des armées françaises, a confirmé des frappes aériennes françaises à la périphérie de Tombouctou, ville du nord du Mali totalement occupée par Aqmi et un groupe allié, Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), depuis juin 2012.

Les Français ont visé un centre de commandement des terroristes, a-t-il précisé, sans parler d’Aqmi.

Selon une source proche du gouvernement, Aqmi a été délibérément visé lors de cette attaque. Ce groupe est le plus virulent contre les intérêts français et depuis 2006 il désigne la France comme son ennemi principal.

Les bombardements, survenus dans la soirée de samedi et dimanche matin, ont visé plusieurs positions d’Aqmi, selon des habitants cités par le site d’informations mauritanien Sahara Média.

Un entrepôt de carburant de l’organisation aurait notamment été touché, provoquant un immense incendie, selon ces témoignages.

Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako et à 400 km à l’ouest de Gao est une ville-phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l’humanité.

Les jihadistes y ont détruit à plusieurs reprises d’anciens mausolées de saints musulmans adulés par les populations locales, promettant d’anéantir tous ces tombeaux qu’ils considèrent comme des lieux d’idolâtrie contraire à l’islam, provoquant des protestations dans le monde entier.

Ils y ont aussi mené ces derniers mois lapidations et amputations, terrorisant les habitants.