Etude remarquable sur « l’empreinte » militaire US dans le monde. Actualité oblige, reprenons d’abord quelques observations sur l’encerclement systématique de la Russie. « À la faveur de la désintégration de l’URSS et de plusieurs équipées militaires (dont celle menée, sous couvert de l’Otan, en Yougoslavie), les États-Unis ont avancé de façon décisive en direction de la Russie (…). Ainsi, en Europe, ils s’installent en Albanie, en Roumanie, en Bulgarie… Plus officieusement, grâce à des liens d’« amitié » qui ont permis l’élargissement de l’Otan, les États-Unis se ménagent  une démultiplication des possibilités de circulation dans les airs, d’atterrissage ou d’accostage. Au-delà des Balkans, ils ont fait une arrivée remarquée au cœur de l’espace caspien, comme en Azerbaïdjan et au Kirghizistan » 

Pour ce qui est des chiffres globaux, il faut calculer avec plus de 1000 bases et plus d’un demi-million de soldats US dispersés dans le monde (et c’est sans compter les effectifs des sociétés militaires privées ni les fameux sites noirs).

A noter aussi quelques remarques faites par les auteurs sur l’implication du Royaume-Uni et de l’Australie (les deux pays érigés en modèle pour tous les autres alliés dans le dernier Quadrennial Defense Review des Etats-Unis). D’une part, « le pays membre de l’Union européenne disposant d’un réseau d’installations couvrant la totalité du globe et le plus étroitement intégré au dispositif armé des États-Unis est le Royaume-Uni ». Intégré au point que Londres n’est même pas toujours correctement  informé de ce que l’Amérique manigance sur le territoire britannique.

A l’autre bout du globe, « Les États-Unis ont sur le sol australien plusieurs bases dont les sites sont classés top secret – tout comme le nombre exact de soldats présents –, ainsi qu’un centre d’écoute électronique à Pine Gap près d’Alice Springs. (…) Les intérêts stratégiques australiens qui couvrent un triangle Pakistan-Inde, Sibérie russe-Chine-Japon et Pacifique, sont aujourd’hui clairement soumis à ceux des Etats-Unis – l’objectif étant de se tenir prêt à une éventuelle intervention menée sous commandement états-unien en Asie ». Si ce n’est pas un exemple à suivre…