Soldat norvégien

L’armée crée une nouvelle unité spécialisée, tandis que le ministre de la défense Ine ERIKSEN SØREIDE instaure un prolongement de la présence norvégienne en Afghanistan.

Nouveau bataillon de Telemark

Sur plus de 10 ans, le bataillon de Telemark et le reste de la force de réaction rapide ont été le glaive de la défense, et ce majoritairement à l’Etranger. L’unité forte de 700 soldats est constituée par sélection et formée pour pouvoir répondre aux exigences des forces d’interventions d’urgence de l’Otan. De même, elle a pris part à plusieurs missions difficiles dans le monde.

La défense va maintenant former une nouvelle force de réaction rapide, la Force nord. Elle deviendra la deuxième force spécialisée de l’armée, indépendamment des unités spéciales.

« La Force nord est une réponse aux besoins d’une plus grande professionnalisation de la défense. Les opérations dans lesquelles les soldats sont engagés deviennent exigeantes et complexes.  Les systèmes d’arme se compliquent. Nous sommes dépendants du fait que nous restons plus longtemps sur le terrain que ce ne fut le cas jusqu’à maintenant », indique le ministre de la défense Ine ERIKSEN SØREIDE à Dagbladet.

« Ceci conduira à une grande capacité de projection dans les opérations internationale et à une plus grande réactivité de la force à domicile, en Norvège », ajoute ERIKSEN SØREIDE.

Le nouvelle force de réaction rapide nord se composera d’environ 700 hommes et sera établie à Setermoen dans le comté de Troms. La moitié à peu près de ces personnels sera des grenadiers : des soldats sélectionnés lors du service initial. Les autres des sous-officiers. Le noyau de l’unité est en cours de constitution à partir d’un bataillon blindé existant, une unité de cavalerie comprenant un groupe d’infanterie mécanisée mue par un véhicule de combat d’infanterie CV 90, de chars de combat de type Leopard 2, de snipers et d’un groupe de soutien. D’après la planification, l’unité sera opérationnelle en 2017.

Critique de la professionnalisation

Le porte-parole de la politique de défense au sein du SV*, Bård VEGAR SOLHJELL, estime que l’annonce du gouvernement d’un maintien d’une présence étrangère en Afghanistan est un changement de cap imprudent.

« La Norvège a fait son devoir en Afghanistan et nous devions nous retirer en 2014, comme cela était prévu. Lorsque les unités sont enfin opérationnelles, il est trop tard pour les employer dans le cadre d’opérations internationales, tel qu’en Afghanistan et en Irak. Et ceci est une évolution à laquelle le SV s’oppose », livre monsieur SOLHJELL.

Niveau d’entrainement élevé

La Norvège n’envoie à l’Etranger que des soldats sélectionnés pour des missions spécifiques. Les soldats norvégiens en service initial ne sont pas montés au combat depuis 1940.

« Les soldats appartenant à une force de réaction rapide doivent bénéficier d’un niveau d’entrainement si élevé que, pratiquement sans préavis, nous pouvons les déployer à loisir », indique le général Odin JOHANNESSEN, commandant la brigade nord.

« Les soldats qui étaient en Afghanistan nous ont offert une tout autre leçon de pédagogie. Les jeunes recrues se sont rapprochées des vétérans par le biais d’un jeune sergent inexpérimenté. Maintenant, elles rencontrent les grenadiers et les officiers qui sont déjà allés en Afghanistan, qui y ont vécu leurs expériences difficiles. Je vois clairement qu’aujourd’hui les soldats fraichement recrutés doivent savoir ce qui les attend », ajoute le général JOHANNESSEN.

Condition préalable pour les soldats choisis

Trond HAANDE commande le bataillon de Telemark, et il est clair pour lui qu’il est absolument nécessaire que les soldats de son unité soient sélectionnés.

« Sur la base des tâches qui m’incombent, en tant que commandant du bataillon, avoir des équipes triées et disponibles est une condition préalable », évoque monsieur HAANDE.

Tous les soldats sélectionnés pour le bataillon de Telemark, comme pour la nouvelle Force nord, sont recrutés parmi les jeunes femmes et hommes qui font leur service initial.

« Après l’Afghanistan, en Norvège, nous avons appris pour la première fois après la deuxième Guerre mondiale que la guerre est risquée. Aussi je suis content car nous voyons aujourd’hui que le service initial aussi est adapté à une approche opérative et que les soldats plus anciens optent davantage pour le renouvellement de leur contrat. Cela coûte plusieurs milliers de couronnes de former un opérateur de tir sur véhicule de combat CV 90. Et il est évident qu’il y a du sens à utiliser sa compétence plus longtemps, lorsqu’il sert au sein du bataillon de Telemark », précise le lieutenant-colonel HAANDE.

La cavalerie arrive

« C’est étroit ici, je peux te promettre que tu t’en rendras compte après une heure. Au plus long, nous avons été assis à l’arrière plus d’une journée », indique Kristoffer KARSTENSEN.

Le grenadier KARSTENSEN est tireur sur la tourelle d’un véhicule de combat d’infanterie de fabrication suédoise de type CV 90. A l’arrière du poste de conduite sont assis huit fantassins. Ensemble avec le conducteur et le chef de véhicule, les onze forment un groupe au sein de l’escadron de cavalerie du bataillon de Telemark. L’objectif est partir en reconnaissance, découvrir où se trouve l’ennemi et recueillir le plus d’informations possible pour le reste de l’unité.

« J’ai toujours rêvé de devenir soldat. Depuis la maternelle, quasiment. L’idée m’est passée à mesure mais elle est revenue, si bien que je me suis engagé en service initial », raconte le grenadier. Il est devenu soldat professionnel en 2009. « Cela exige beaucoup plus de l’individu d’être soldat professionnel, comparativement à la période de service initial. Tu te dois d’être autonome, et remplir ta journée par toi-même. Et tu dois t’entraîner pour rester au niveau », conclut KARSTENSEN.

*SV : Sosialistik Venstreparti (Parti socialiste de gauche)

Texte : Håkon EIKESDAL

Source : Dagbladet du 26 novembre 2013

Traduction du norvégien pour Theatrum Belli : Robert ENGELMANN