Les forces fédérales mexicaines, armée et gendarmerie, ont pris hier le contrôle de la ville d’Iguala (Etat de Guerrero, sud), où ont disparu 43 étudiants attaqués par des agents municipaux et des narcotrafiquants.

Une manifestation d’étudiants de l’Ecole normale d’Iguala dans l’Etat de Guerrero, dans le sud du Mexique, a violemment dégénéré vendredi dernier, faisant six morts. Une fois le calme revenu dans les rues de la ville, située à 190 kilomètres au sud de Mexico, 43 de ces manifestants étaient portés disparus.

L’armée a procédé au désarmement de la police municipale dans le cadre d’un déploiement des forces fédérales ordonné par le président Enrique Peña Nieto afin de prendre le contrôle de la ville et mener l’enquête, alors que les corps des étudiants disparus pourraient se trouver dans des fosses communes trouvées durant le week-end.

« Les policiers municipaux encore actifs ont été désarmés par le Secrétariat de la défense nationale », a expliqué le commissaire à la sécurité. Ils seront transférés vers une base militaire dans le centre du pays, pendant que leurs armes seront examinées pour vérifier si elles ont servi à commettre des délits, a-t-il précisé. Le nouveau corps spécial de gendarmerie, soutenu par l’armée, est lui chargé des « tâches de sécurité publique » dans cette commune de 140.000 habitants.

L’Etat de Guerrero est l’un des plus pauvres et des plus violents du Mexique. Les cartels de la drogue y cachent de nombreux laboratoires clandestins de fabrication de drogue synthétique et des zones de culture de la marijuana.