Le ministre des Transports souhaite une politique maritime globale qui permettrait à la France de reprendre le leadership dans la recherche marine, les énergies marines et même dans l’activité portuaire.

Bleu, c’est la couleur choisie par le ministre de Transports pour illustrer sa politique d’ici à 2025. La mer, la grande bleue, personne n’y pense suffisamment en France, estime Frédéric Cuvillier, ministre des Transports mais aussi de la Mer et de la Pêche et ancien maire de Boulogne-sur- mer.

«La France ne se considère pas comme un pays maritime, regrette-t-il. Pourtant notre façade maritime est un atout qu’il faut exploiter en améliorant nos infrastructures. La politique de la mer a été éclatée depuis des années dans différents ministères. Rassembler à nouveau le transport maritime, la pêche, les affaires maritimes permettrait de recréer les leviers politiques».

Sa contribution sur la France en 2025 compte donc deux chapitres distincts: le premier est entièrement consacré à la «croissance bleue», un plaidoyer en faveur d’une politique maritime globale qui permettrait à la France de reprendre le leadership dans la recherche marine, les énergies marines et même dans l’activité portuaire où Haropa (Le Havre, Rouen, Paris) pourrait devenir le premier port d’Europe… «Il y a beaucoup de choses à bâtir pour que la France occupe le premier rang dans le énergies maritimes renouvelables. Dans ce domaine, nous pourrions nous inspirer de ce qui a été fait dans l’énergie atomique avec le CEA».

Le deuxième aborde les attributions plus classiques du ministre et résume des propositions déjà abordées ces derniers mois : le nouveau Grand Paris, les recommandations sur les infrastructures de transport à réaliser au cours des prochaines décennies mais aussi la réforme ferroviaire qui va regrouper les activités de RFF et de SNCF dans un pôle public…

Le ministre suggère également que les «conditions d’autorisation de la puissance publique» soient allégées pour développer le transport régional en car «en complément du ferroviaire». Le transport de marchandises, moins glamour, n’est pas en reste: sur les longues distances, il faut créer des autoroutes ferroviaires sur les axes Nord-Sud Est-Ouest et des autoroutes de la mer sur les liaisons avec l’Espagne, l’Italie et les Îles britanniques. Dans les centres urbains, le ministre suggère que les «transporteurs du dernier kilomètre» – depuis les centres logistiques jusqu’au lieux de consommation – utilisent des véhicules propres et silencieux.

Source du texte : LE FIGARO

Lire le rapport d’information du Sénat sur la maritimisation

Compte rendu de l’atelier sur les enjeux de la maritimisation de l’Université d’été de la Défense 2012

Lire « les enjeux des espaces maritimes français » par l’EV1 (R) Gaëlle Petit

Livres : Géopolitique des mers et des océans, de Pierre ROYER (Major PUF), « Géopolitique des océans » de Cyrille P. COUTANSAIS (Ellipses)