Il y a des querelles qu’une canonnière peut traiter… Mais il y aura encore, à grande ou petite échelle, des combats requérant des capacités d’attaque et de défense très supérieures, contre les missiles, les mines… Si la bataille navale entre « forces organisées » ne semble plus d’actualité, la multi-polarisation du monde et le réarmement de nombreux pays pourraient faire resurgir des acteurs, capables de porter le feu et la violence extrême sur les mers. Le combat naval de haute intensité est loin d’avoir disparu.

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Crédit photo : Marine nationale

La mer constitue un champ de bataille complexe où les menaces sont multiples et le danger se pense en trois dimensions. Dans les airs, la menace missile prévaut. Elle impose des capacités de détection, de brouillage et de destruction précises et rapides. Sur l’eau, les menaces nécessitent des moyens d’identification par tous les temps et des moyens de rétorsion permettant de répondre de manière immédiate et proportionnée. Sous l’eau, la prolifération des sous-marins et l’extrême complexité des moyens de détection et de lutte représentent une menace difficile à contrer.

UNE MARINE DESTINÉE AU COMBAT

Face à ces risques multiples, seules peuvent lutter des marines à même d’affronter la haute mer et de violents combats. Durer à la mer, opérer dans des conditions d’environnement difficiles, faire preuve de résilience sont des qualités indispensables.

La Marine nationale en est capable, grâce à sa force de frappe, qui repose notamment sur son porte-avions, ses sous-marins et ses frégates, soutenue par toute une flotte logistique.

Le porte-avions (PA) remplit un double rôle politique et militaire. Il est l’expression de la puissance de la France mais aussi une véritable base flottante mobile qui met en œuvre un groupe aérien embarqué.

Les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) sont capables de mener des opérations en toute discrétion. Ils participent aussi à la protection des forces navales ou mettent en œuvre des commandos.

Mais il faut aussi à une marine de combat des frégates. D’abord parce que PA et SNA ne peuvent agir seuls. Ils ont besoin pour leur protection ou leur soutien de ces frégates fortement armées. Mais aussi et surtout parce qu’elles sont l’outil essentiel de la maîtrise des espaces maritimes.

UNE TECHNOLOGIE D’AVANCE

De tels navires nécessitent une base industrielle et technologique de défense performante. Le prochain SNA du programme Barracuda représente ainsi l’un des objets industriels le plus complexe au monde, loin devant une fusée Ariane ou un Airbus. La France est aujourd’hui un leader en industrie navale de défense, ce qui lui permet de conserver son autonomie stratégique.

LA MAÎTRISE DU TEMPS LONG

La mise en oeuvre d’une marine océanique capable d’agir loin et longtemps suppose des moyens financiers, mais surtout des capacités technologiques et des qualifications opérationnelles spécifiques que les grandes nations ont mis des décennies à acquérir. La Marine bénéficie d’un savoir faire reconnu dans tous les domaines de la guerre navale moderne. Le maintien de cet effort s’inscrit tout autant dans la durée et on peut ainsi en très peu de temps perdre la maîtrise de savoir-faire qui ne pourront de nouveau être acquis qu’au prix d’immenses efforts et de nombreuses années, comme l’expérience de certains pays aujourd’hui le montre.

UNE PUISSANCE NAVALE AU SERVICE DE L’AMBITION NATIONALE

La maritimisation du monde exacerbe les tensions étatiques et augmente les risques de conflits armés sur les mers ou la frange littorale. Les marines se trouvent au coeur des stratégies de défense et de sécurité des Etats. Elles doivent être capables d’assurer des missions de sauvegarde maritime, mais également de faire face à des combats de haute intensité dans un environnement complexe et dangereux.

C’est dans ce double contexte que la France met en œuvre sa marine océanique. Si la Marine nationale permet de protéger les intérêts vitaux ou commerciaux de notre pays, de peser sur la scène internationale et de faire respecter le droit sur mer, il ne s’agit pas de sa seule mission : le combat naval de haute intensité demeure bien sa vocation première, celle d’une marine de guerre d’une grande puissance maritime.

Source : CESM