Un invité de marque : l'A400M (Atlas) a effectué son premier vol opérationnel

Un invité de marque : l’A400M (Atlas) a effectué son premier vol opérationnel

Discours de Jean-Yves LE DRIAN à la force Serval

Mon Général,

Officiers, sous-officiers et soldats de la force SERVAL au MALI,

Je suis très heureux de vous retrouver à Gao où je suis venu avec mon homologue malien Boubeye Maïga, à l’occasion des fêtes de fin d’année. Je tenais à revenir ici, pour vous témoigner mon immense satisfaction devant l’engagement quotidien, sans faille, dont vous avez su faire preuve, vous et vos prédécesseurs ici, tout au long de cette année qui s’achève.

L’an passé,  j’étais à Kaboul pour marquer la fin de l’engagement des forces combattantes en Afghanistan. Cette année, j’ai voulu être présent en Afrique, et visiter l’ensemble de nos troupes engagées en opération, au Mali, au Tchad et au Niger.

Ma présence ici à Gao, celle du ministre délégué à l’Agroalimentaire Guillaume Garot avec lequel nous avons organisé une remise de colis de Noël, mais également celle de la Présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Patricia Adam, et de trois sénateurs, éminents membres de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, portent le témoignage de la reconnaissance de la Nation pour l’action que vous menez ici.

Aujourd’hui, je veux féliciter chacun d’entre vous pour les actions que vous avez conduites. Et je veux en même temps vous soutenir pour celles à venir.

Tout au long de l’année, vous avez démontré votre professionnalisme hors pair, mais aussi votre sens de la mission avec un courage entier et un dévouement total au service de notre pays. C’est donc un honneur pour moi, au-delà du plaisir que j’y trouve, de partager ces instants privilégiés à vos côtés.

Cette année qui s’achève aura été une année extrêmement dense pour nous tous. C’est une grande satisfaction que de voir aujourd’hui la concrétisation de la mission SERVAL lancée il y a un an : vous avez su, vous et ceux qui vous ont précédés en terre africaine, vous mobiliser tout de suite et faire progresser l’opération de manière décisive.

Chaque jour qui passe nous conforte dans la justesse du choix que la France a fait en intervenant au Mali. Ici même à Gao, il y a un an, les djihadistes imposaient leur loi. Ici, on coupait des mains. Ici, on lapidait des hommes et des femmes. Mais depuis, le Mali a été libéré. Un Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta a été élu au suffrage universel. Des députés ont été élus au suffrage universel. Les efforts communs ont permis de gagner cette première bataille contre le terrorisme, et notre succès est reconnu unanimement par la communauté internationale. Cette mission est pour la France un motif légitime de fierté dont vous êtes les acteurs directs.

Je ne reviendrai pas en détail sur tous les temps forts de l’engagement militaire de la France au MALI au cours de cette année. Il faudrait trop de temps pour mettre en lumière les qualités individuelles en même temps que la force collective manifestées par les soldats de l’opération SERVAL. Les Français, tout au long de l’année, ont pu mesurer votre courage et votre détermination, dans des combats durs et exigeants, face à un ennemi déterminé, dans un environnement austère et sur un théâtre d’opération immense.

J’ai coutume de dire qu’ici, nous avons un ennemi… mais deux adversaires : les distances et le climat.

Si la force SERVAL a commencé à décroître, votre mission n’est pas terminée. Il est clair que la relation de défense entre la France et le Mali est appelée à se pérenniser : je travaille aujourd’hui, avec mon homologue malien, au renouvellement de la base légale de la coopération militaire entre nos deux pays. Notre objectif commun de lutte contre le terrorisme doit nous amener à poursuivre la reconstruction des forces armées maliennes. Vous connaissez d’ailleurs la rusticité des conditions de vie de vos camarades maliens ; vous connaissez leurs attentes et je ne doute pas que vous saurez les accompagner dans cette lutte. Le Mali veut bâtir une armée solide, capable d’affronter, dans la durée, les menaces régionales. Dans cette perspective, nous resterons à ses côtés. La mission européenne de formation de l’armée malienne, EUTM Mali, continuera son travail auprès d’un nombre croissant de bataillons.

Comme je l’ai dit, notre présence va évoluer, pour descendre au niveau d’environ un millier de militaires déployés au Mali. Néanmoins, les groupes djihadistes armés sont actifs et menaçants, et nous devons rester vigilants et persévérants dans notre action de contre-terrorisme, aux côtés de la MINUSMA et des FAMA. Nous, le Mali, la France et la communauté internationale, avons besoin de la MINUSMA à qui les Nations Unies ont confié un mandat par la résolution 2100. Ils sont près de 6000 aujourd’hui et seront plus nombreux encore demain.

Tous, nous nous préparons à évoluer vers une logique régionale, pour faire face à la menace djihadiste dans l’ensemble de la zone – au Nord Mali, au Nord Niger, mais aussi dans le Sud libyen. C’est tout l’enjeu de l’action dissuasive que vous réalisez en liaison avec vos frères d’armes de SERVAL, au Mali mais aussi au Niger, au Tchad et au Burkina Faso. La menace de déstabilisation est partout – j’en veux pour preuve l’opération SANGARIS en Centrafrique.

Dans ces instants de partage et d’amitié, où ce qui nous rassemble nous rend plus forts pour mener les combats de demain, je veux saluer la mémoire de vos neuf camarades tombés pour la France, au Mali et en République Centrafricaine. Je rends hommage avec vous à leur courage : il ne s’est éteint que dans la mort. Leur sacrifice vient rappeler que le métier des armes n’est pas un métier comme les autres. Mais nous pensons aussi à tous vos camarades blessés, qui portent la marque, dans leur chair autant que dans leur âme, des combats qu’ils ont livrés pour la France.

Le souvenir de nos soldats morts pour la France et l’accompagnement de nos blessés, nous montrent, s’il en était encore besoin, combien votre mission est exigeante ; combien elle peut être difficile ; combien elle est essentielle aussi, et combien elle est respectable. A travers leur souvenir, c’est à vous que la Nation exprime sa reconnaissance et son attachement. En 2013, cette reconnaissance de votre action et cet attachement à vos missions ont pris la forme d’un engagement fort du pays, à l’initiative du chef de l’Etat, chef des armées, pour donner à nos armées les moyens des ambitions que nous leur avons fixées. C’est le sens de la loi de programmation militaire, qui vient d’être votée. Je veillerai à ce qu’elle soit scrupuleusement respectée.

A l’heure des bilans, je mesure sur le terrain la force de votre engagement, la ténacité et le courage de chacun d’entre vous. Une fois encore, je constate aussi les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles vous vivez passionnément votre métier. Vous qui passez les fêtes de fin d’année loin des vôtres, je mesure les sacrifices consentis, par vous et vos familles, mais je sais aussi que je peux compter sur votre tonicité inébranlable. A l’aube d’une nouvelle année, soyez certains de la fierté que vous inspirez aux Français, comme des espoirs qu’ils placent en vous.

A toutes et à tous, je souhaite avec un peu d’avance une excellente année 2014 !

Vive la République ! Vive la France !

A400M