La situation au Mali n’est pas du tout stable, a déclaré vendredi le chef de la délégation du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) au Mali et au Niger, Jean-Nicolas Marti, de passage à Genève. Contrairement à ce que certains auraient pu imaginer à la suite de la reprise des villes principales par l’armée française et par l’armée malienne, la situation n’est pas du tout stable, calme, a-t-il déclaré. Selon lui, les attaques suicides risquent de perdurer, et la situation actuelle n’est pas propice au retour des populations.

Colonne blindée en direction de Bourem (14-19 février 2013). Crédit ECPAD / EMA

Colonne blindée en direction de Bourem (14-19 février 2013). Crédit ECPAD / EMA

Il y a eu des dizaines de milliers de personnes qui ont fui leurs villes déjà avant l’intervention française, mais il y en a eu d’autres dizaines de milliers, qui ont fui depuis cette intervention, a-t-il ajouté.

Pour M. Marti, il existe un sentiment de peur vis-à-vis des éventuelles exactions que pourraient commettre les forces de sécurité maliennes.

On assiste à des retours très limités, selon le CICR. Ce sont souvent des aller-retours effectués par un homme jeune choisi dans la famille déplacée, qui va voir sur place s’il est possible de rentrer ou pas.

Le CICR est en train de porter assistance à quelque 7.000 Maliens réfugiés au nord-est du pays, à Tinzawaten, près de la frontière algérienne. Le CICR leur a distribué des kits de biens essentiels, tels que des bâches et de jerricans, ainsi qu’une aide alimentaire.

Par ailleurs, le CICR a pu visiter des prisonniers, arrêtés récemment, et incarcérés dans des prisons à Bamako et Mopti, ainsi qu’à la gendarmerie de Gao.

Sans vouloir donner de détails sur l’état des prisonniers -des informations réservées aux autorités-, M. Marti a indiqué qu’il avait constaté beaucoup de haine et de tensions accumulées.

Le CICR dispose d’une équipe de 250 personnes au Mali et au Niger, constituée d’expatriés et de locaux.

Au Nord Mali, quelque 50 personnes du CICR sont présentes, mais uniquement des locaux et des expatriés africains, pour des raisons de sécurité.

Le CICR craint qu’une certaine précarité s’installe au nord du pays, où l’organisation a constaté des tensions persistantes entre les ethnies.

L’organisation a également indiqué être en contacts réguliers avec l’armée française. Le dialogue est bien installé, a déclaré le délégué du CICR.

Concernant le Niger, où le CICR s’occupe de quelque 5.000 réfugiés maliens à Niamey, M. Marti a déclaré que la situation est calme. Il y a cependant un certain sentiment de crainte parmi les expatriés, a-t-il dit, soulignant que la situation était compliquée en raison des voisins turbulents du pays, citant la Libye, le Mali et le nord du Nigeria.

Source du texte : ROMANDIE.COM