L’auteur remonte aux sources pour interroger la violence qui s’exerce au nom de l’islam. Dès le commencement, dès Médine, dès les premiers conflits que la tradition a appelé « la grande discorde » (al-fitna al-kubrâ), dès l’apparition avec les Kharijites du premier schisme, l’auteur repère les fils nouant la contradiction qui est au fondement de l’utopie de l’islam.

Toute entreprise politico-religieuse menée pour corriger le monde conformément à l’idéal islamique ne peut conduire qu’à détruire l’Etat et l’espace politique. Non que l’islam soit une religion séparée du politique mais elle est liée au politique pour le détruire.

Là réside l’échec du politique en islam. Et toute réussite historique enregistrée par l’islam se réalise lorsque le pragmatisme l’emporte sur l’idéal. Telle est la thèse originale défendue ici en illustrant la série indéfectible que réclame l’idéal proposé par l’islam, à savoir l’enchaînement trinaire de la religion, du monde, de l’Etat (Dîn, Dunya, Dawla).

Bibliographie :

Leïla Babès, L’Utopie de l’islam, La religion contre l’Etat, Armand Colin, « Le Temps des idées », 2011