Le 17 janvier, au cours de sa présentation des voeux de Nouvel An, en présence des généraux Ract-Madoux (CEMAT) et Hervé Charpentier (GMP), l’UNOR (Union Nationale des Officiers de Réserve et des organisations de réservistes) a remis deux prix littéraires.

Les membres du Jury de l’UNOR ont décerné le Prix « Raymond Poincaré » 2013 à Bernard LUGAN pour son ouvrage « Les guerres d’Afrique, des origines à nos jours », publié aux éditions du Rocher. Le Prix « Armée et Défense » 2013 quant à lui, a été décerné à Christophe CARICHON pour son ouvrage sur « Jean DEUVE », publié aux éditions Artèges.

Les guerres d'AfriqueLe long déroulé de l’histoire du continent africain est rythmé par une succession de guerres. Les plus anciennes sont figurées sur les parois peintes du Sahara et de l’Afrique australe ; les plus récentes font l’actualité, de la Libye au Kivu et de la Somalie au Mali.
 
Dans l’Afrique d’ « avant les Blancs », la guerre entraîna la mutation de nombre de sociétés et fut créatrice d’empires, dont ceux d’el Hadj Omar, de Samory, de Rabah, de Shaka Zulu etc.,).
 
Avec la conquête coloniale, à l’exception de l’échec italien en Ethiopie, les guerres tournèrent toutes à l’avantage des colonisateurs, même si, ici ou là, des batailles retardatrices dont le livre rend compte, furent occasionnellement remportées par les Africains.
 
La parenthèse impériale fut ensuite refermée sans affrontements majeurs, les guérillas nationalistes n’y étant jamais en mesure de l’emporter sur le terrain.
 
Après les indépendances, l’Afrique fut ravagée par de multiples confits qui firent des millions de morts et des dizaines de millions de déplacés.
 
Après la « guerre froide », l’Afrique redevint l’actrice de ses propres guerres, donc de sa propre histoire. Les placages idéologiques et politiques qui lui avaient été imposés depuis des décennies volèrent alors en éclats et le continent s’embrasa. Durant la décennie 2000-2010, 70% des décisions de l’ONU et 45% des séances du Conseil de Sécurité  furent  consacrées aux conflits africains.
L’auteur : Bernard Lugan est professeur à l’Ecole de Guerre et il enseigne aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Il est conférencier à l’IHEDN et expert au TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda-ONU).
Le sommaire sur le blog « L’Afrique Réelle », de Bernard LUGAN (400 pages, 32 euros)
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Grand nom du renseignement militaire, le colonel Jean Deuve est l’un des « as » des services secrets français.

Jeune aspirant, il combat vaillamment dans les Ardennes à la tête de ses tirailleurs sénégalais et voit son nom inscrit au « Mémorial de l’Empire ». Affecté en Afrique de l’ouest après l’armistice, il est repéré par les Britanniques qui l’envoient suivre un an d’entraînement aux Indes au sein de la fameuse Force 136, celle-là même qui fit sauter le pont de la rivière Kwaï. Parachuté au Laos en janvier 1945, Jean Deuve organise la lutte contre les Japonais et devient gouverneur de province à 27 ans. Il fonde la Police royale laotienne et a la haute main sur les services de renseignement du royaume pendant deux décennies.

Responsable important du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) dans les années 1970-1980, il est un témoin incontournable des relations internationales de la guerre froide.

Editions Artège, 304 pages, 18,90 euros

L’auteur : Christophe Carichon est historien et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (Université de Brest). Il a publié de très nombreux articles sur l’histoire des mouvements de jeunesse, l’éducation et le régionalisme. Ancien auditeur de l’Institut des hautes études de la défense nationale, il est également officier de réserve spécialiste d’état-major. Préface du Général Alexandre Lalanne-Berdouticq.