Depuis la nuit des temps, ruse et force s’imposent comme les paramètres-clés de la stratégie, se combinant plus que s’opposant, comme le prouve le rôle respectif d’Achille et d’Ulysse dans la Guerre de Troie. Professeur à l’Université de Paris-II, directeur scientifique de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), Jean-Vincent Holeindre vient de publier La ruse et la force – Une autre histoire de la stratégie (Perrin, 2017), où il rappelle que, loin d’être l’apanage des Orientaux, la ruse fait partie intégrante de la culture stratégique occidentale.

Dans l’entretien qu’il m’a accordé, Jean-Vincent Holeindre montre que dans un univers où tout se sait en temps réel, le politique rechigne souvent à employer la force brutale, préférant le registre de la ruse, en déployant des stratégies de communication et d’influence, voire d’intoxication et de manipulation. Il s’agit dès lors de s’imposer dans la guerre informationnelle en agissant sur les leviers cognitifs et psychologiques.

Télécharger le document