islam_et_hopitalLes faits remontent au mois de septembre mais ils n’ont été rendus publics que jeudi soir. Dans la nuit du 8 septembre dernier, à l’hôpital Robert Debré, dans le XIXè arrondissement de Paris, le professeur Jean-François Oury effectue sa tournée des patientes admises au service de gynécologie obstétrique. De garde ce soir-là à la maternité, le chef de service vient ausculter une femme musulmane à l’issue d’un accouchement difficile. Alors qu’il s’apprête à l’examiner, le mari de la patiente, visiblement furieux, se jette sur le médecin et l’insulte avant de le gifler. Il faudra l’intervention de la police et le transfert du couple dans un autre établissement pour ramener le calme. Le médecin et l’AP-HP ont porté plainte pour coups et blessures et violences volontaires.

Acte isolé ou bien exacerbations des tensions en milieu hospitalier ? Hier, à l’hôpital Robert-Debré, on voulait dédramatiser l’incident. « C’est un acte isolé et unique qui nous a surpris, explique un membre de l’équipe médicale. Nous restons très attachés à la laïcité mais il n’y a pas là de quoi remettre en cause le fonctionnement de l’hôpital.« 

« Ces agressions sont inacceptables« 

Cette agression n’est pourtant pas la première du genre. En août 2003, le chef du pôle femme-enfant à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois, Stéphane Saint-Léger, avait déjà été victime d’une agression de la part d’un intégriste musulman. Là aussi, l’administration avait dû faire appel aux forces de l’ordre pour évacuer le pertur­bateur.

« Ces agressions sont inacceptables », dénonce aujourd’hui le professeur Jacques Lansac, président du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). « L’hôpital doit rester un lieu neutre. Toutes les religions sont respectables mais elles doivent rester dans un cadre personnel et certainement pas déborder dans nos établissements. À l’hôpital, c’est le principe de laïcité qui doit s’appliquer. »

Si les gynécologues prennent aujourd’hui position, c’est qu’ils estiment faire face à une montée inquiétante de l’intégrisme musulman en milieu hospitalier. « Cela se traduit d’abord par une recrudescence de demandes de certificats de virginité, poursuit le professeur Lansac. Ce n’est pas acceptable. Nous comprenons la pression croissante que subissent les femmes musulmanes, mais il s’agit d’une atteinte à leur dignité. On demande au médecin de vérifier la qualité de la « marchandise ». Or la femme n’est pas une chose. À mon avis, c’est une régression pour les femmes alors que nous nous sommes battus, dans les années 1970, pour que leur corps leur appartienne.« 

Cette dernière agression survient en tout cas dans un climat tendu. Les actes de violences physiques ne cessent en effet de progresser au sein des établissements hospitaliers en Île-de-France. De 145 en 2004, elles sont passées à 184 l’année dernière, selon les chiffres de l’AP-HP. Sur ce chiffre, une infime partie seulement est imputable à la montée de l’intégrisme.

Source : FIGARO.FR