L’industrie de la défense est très inquiète de voir le ministre du Budget préparer des coupes dans le budget de la défense que le président François Hollande s’était engagé à préserver, a déclaré vendredi le président du syndicat qui la représente.

« On parle d’annuler 600 millions d’euros de crédits sur le budget de la défense 2013 (…) L’impact immédiat sur le tissu industriel va être colossal », a déclaré à l’AFP Marwan Lahoud, président du Gifas, qui regroupe les sociétés spécialiste du secteur de l’industrie aéronautique, spatiale et militaire.

Le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve a annoncé jeudi dans une interview au journal Les Echos que des économies de 3 milliards d’euros seraient « réparties sur l’ensemble des ministères ».

« C’est une inquiétude très forte de toute l’industrie », a poursuivi M. Lahoud, également chef de la stratégie du groupe d’aéronautique et de défense EADS.

« Ces annulations vont porter sur les dépenses d’équipement, elles ne vont pas porter sur les dépenses incompressibles, comme les opérations extérieures ou la rémunération ».

Et d’après lui, ce ne sont pas tellement les grands groupes qui seront touchés, les deux tiers des annulations affecteront les équipementiers avec qui ils sous-traitent. « On attaque directement le tissu de la sous-traitance », a prévenu le dirigeant d’EADS.

« Le président de la République a déclaré solennellement qu’on conserverait ces crédits-là, avant même que l’exécution de la Loi de programmation militaire 2014-2019 ait commencé, on voit qu’elle n’est pas garantie ».

L’industrie de la défense avait accepté contrainte et forcée la réduction des crédits militaires qui va entraîner des réductions et des étalements de programme dans les années à venir.

« On savait qu’il y avait des adaptations nécessaires et on était prêt à les gérer, mais ce qui est en train de se passer c’est qu’on va sortir du cadre de ce qui est gérable et maîtrisable », a insisté M. Lahoud.