Malgré une histoire séculaire, les opérations amphibies sont restées relativement occasionnelles avant la Seconde Guerre mondiale. De par les fortes contraintes météorologiques et les difficultés d’une planification interarmées, il s’agit de missions complexes et très risquées. Les retours d’expérience mettent en lumière des données incontournables telles que le besoin d’un appui-feu naval écrasant, d’un rapport de forces favorable sur le lieu de débarquement et surtout de l’effet de surprise. Ces vérités persistent aujourd’hui, mais l’amphibie a changé de visage, exigeant une intégration interarmées de plus en plus poussée, tout en bénéficiant des technologies militaires et navales les plus modernes. S’il continue d’offrir une perspective de haute intensité, l’amphibie constitue surtout une capacité clé pour « l’entrée en premier » dans un monde où 50 % de la population vit sur les littoraux. Couvrant l’ensemble du spectre de la conflictualité, l’amphibie démontre aujourd’hui davantage son utilité stratégique dans des scénarios de crise de basse à moyenne intensité que dans d’hypothétiques opérations de guerre majeure.

Officier supérieur de l’armée de Terre, le Lieutenant-colonel Guillaume Garnier est détaché comme chercheur au Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD). Il est diplômé de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr et du Collège Interarmées de Défense (CID).