De hauts responsables militaires marocain et français se sont félicités lundi à Rabat du « dynamisme » de la coopération et ont évoqué les moyens de la « consolider », notamment dans le domaine maritime, en dépit de la querelle diplomatique entre les deux alliés.

Le ministre délégué, « M. Abdelatif Loudyi, a reçu lundi le chef d’état-major de la marine nationale française, l’Amiral Bernard Rogel, qui effectue une visite de travail à la tête d’une délégation militaire », a indiqué dans un communiqué l’Administration de la Défense nationale, citée par l’agence MAP.

Lors de cette rencontre, « les deux responsables ont exprimé leur satisfaction quant au dynamisme de la coopération bilatérale et l’ambition partagée de développer davantage l’interopérabilité des forces des deux pays », d’après la même source. Selon le texte, les discussions ont notamment porté sur « la sécurité maritime, l’hydrographie, la cartographie et la lutte contre la pollution marine ».

Dans un autre communiqué, l’Etat-major des Forces armées royales (FAR), également cité par la MAP, a de son côté précisé que la coopération entre les deux pays englobait « le soutien réciproque, l’organisation d’exercices navals combinés et la participation à différents entraînements et stages de formation ». Il a également rappelé que le Maroc avait acquis l’an dernier « une frégate française multimissions (Fremm), baptisée Mohammed VI ». Ce navire a été livré en janvier dernier au Maroc, premier client export du programme naval des Fremm, le plus grand en Europe.

Cette entrevue sur la coopération militaire intervient alors que la relation entre Paris et Rabat traverse une mauvaise passe. D’ordinaire bien cadrée, elle est très tendue depuis février et le dépôt à Paris de plaintes pour torture à l’encontre de hauts responsables marocains, notamment le patron du contre-espionnage du royaume, Abdelattif Hammouchi.

En réaction, le Maroc a suspendu la coopération judiciaire avec la France, réclamant une révision de fond en comble, qui n’a toujours pas abouti.

Mi-octobre, le président français François Hollande a affirmé sa volonté de « dépasser toutes les difficultés ». Fin juillet, le Premier ministre Manuel Valls s’était dit prêt à se rendre « dans les prochaines semaines » à Rabat pour tenter de mettre un terme aux tensions, qui rejaillissent de manière sporadique.

Source : L’ORIENT LE JOUR