Le roi Mohammed VI a déclaré mercredi que le Maroc avait vocation à intégrer le club « des pays émergents », affirmant que les prochaines années seraient « décisives » pour ne pas manquer ce « rendez-vous avec l’Histoire ».

« Notre modèle de développement a atteint un niveau de maturité qui l’habilite à faire une entrée (…) méritée dans le concert des pays émergents », a-t-il dit. « L’économie nationale a connu une transformation profonde dans sa structure et une grande diversification dans ses secteurs productifs », a fait valoir Mohammed VI, selon qui le Maroc a réalisé ces dernières années « un taux de croissance élevé et constant (…) en dépit des retombées de la crise mondiale ». 

Au cours de la décennie écoulée, le royaume s’est par ailleurs lancé dans la constitution de grands pôles industriels, dans l’automobile (Tanger-Melloussa) ou encore l’aéronautique (Casablanca-Nouaceur), sans parvenir néanmoins jusque-là à résorber un chômage massif chez les jeunes (près de 30%, contre 10,2% sur l’ensemble de la population).

Le Roi Mohammed VI est l’« homme des réformes hardies et porteur d’une vision à long terme », a affirmé le Directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques (OEG) à Paris, Charles Saint-Prot, pour qui « le Maroc est en train de devenir un pays émergent grâce à la concrétisation des efforts consentis depuis une quinzaine d’années ».

Analysant, dans une déclaration à la MAP, le discours prononcé par le Souverain, à l’occasion du 61ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, M. Saint-Prot a noté que le Royaume a relevé des défis considérables, affirmant que les bons résultats réalisés par le pays sont l’œuvre de la vision royale et de la mobilisation du peuple marocain pour que le Maroc « soit au rendez-vous avec l’Historie ».

SM le Roi Mohammed VI a une ambition et un projet pour le développement économique et social de son pays. C’est l’homme des réformes hardies et Il est porteur d’une vision à long terme, a-t-il dit. « Le Maroc a un cap, il sait où il va », a insisté l’universitaire français, ajoutant qu’« au sud de la Méditerranée et même dans l’ensemble du monde actuel, cela est suffisamment rare pour mériter d’être souligné ». Pour M. Saint-Prot, cette vision à long-terme est « une autre preuve de l’exception marocaine ». Dans un discours adressé mercredi soir à la Nation, SM le Roi a affirmé que le modèle marocain de développement a atteint un niveau de maturité qui l’habilite à faire une entrée définitive et méritée dans le concert des pays émergents, soulignant la nécessité de mettre en place des groupes forts et des entreprises puissantes, de se doter de ressources humaines qualifiées et d’une bonne gouvernance pour relever ce défi.

Pays de 35 millions d’habitants, le Maroc a connu ces dernières années des taux de croissance compris entre 2% et 5%, malgré la crise en Europe, son principal partenaire. Son économie demeure toutefois grandement tributaire du rendement du secteur agricole, qui représente près de 20% du PIB. Après avoir culminé à plus de 7% en 2012, le déficit public a, de son côté, été ramené à 5,5% en 2013 et devrait repasser sous la barre des 5% l’an prochain.