De la première guerre mondiale, les images les plus fortes sont celles des soldats jaillissant des tranchées pour affronter la mitraille ennemie. Le résultat pour la France : près de 1,4 millions de soldats tués sur 9,7 millions de pertes militaires pour l’ensemble des pays ayant participé à cette guerre. Des conflits actuels, en Irak ou en Afghanistan, les images frappantes apparaissent bien différentes. Il s’agit souvent d’un écran d’ordinateur avec une cible marquée d’une croix. A des milliers de km du lieu de la frappe, un soldat tient un manche de jeu vidéo. Lorsqu’il presse sur le bouton rouge, le drone qu’il contrôle lance un missile sur l’objectif. Les fantassins eux-mêmes sont dotés d’un équipement de communication qui permet aux états-majors de suivre les opérations en direct. Au sol également, des robots télécommandés se développent et les soldats sont munis de drones leur permettant de jeter un coup d’œil derrière la colline sans risquer leur vie.

Ainsi, la technologie prend une place croissante dans les conflits armés. La guerre se fait de plus en plus souvent à grande distance. Les drones volent à plus de 6000 mètres d’altitude et scrutent le moindre geste des ennemis au sol. Des sentinelles robotisées détectent les mouvements suspects et peuvent ouvrir le feu. Pour l’instant, le recours à de tels armements est inégal. En Afghanistan, les Etats-Unis en lutte contre Al Qaïda utilisent des drones depuis 2002. Le nombre de victimes se compte déjà en milliers, dont 30% seraient des civils.

  • L’électronique, les satellites, les drones et les robots joueront-ils un rôle important, voire décisif, dans les guerres de demain ?
  • S’agit-il d’une simple amélioration des performances des armements ou bien d’un changement profond de la nature même de la guerre ?
  • Allons-nous, comme dans d’autres domaines, vers une robotisation ou, même, une automatisation des conflits armés ?
  • La suprématie militaire d’un pays se mesurera-t-elle essentiellement au degré d’avancement de sa technologie ? 

AVEC :

  • Laurent Henninger, historien
  • Dominique Luzeaux, directeur de l’armement terrestre à la Direction générale de l’armement, docteur en robotique et auteur d’une dizaine de livres techniques sur les nanotechnologies, la simulation, les systèmes de systèmes.
  • Jean-Christophe Damaisin d’Arès