La Russie va restaurer sa présence militaire dans l’Arctique pour surveiller la route maritime du nord, un projet stratégique voué à jouer un rôle croissant dans les échanges internationaux. Le chef de l’Etat, Vladimir Poutine, a indiqué qu’une base militaire, située dans l’archipel des îles de Nouvelle-Sibérie, dans l’est de l’Arctique, serait rétablie.

« Nos militaires en sont partis en 1993. (…) Nous nous sommes mis d’accord pour non seulement rétablir à cet endroit une base militaire, mais aussi y restaurer l’aérodrome », a précisé le président russe. « Nous sommes venus ici, ou plus exactement nous sommes revenus ici pour toujours, parce que c’est une terre russe », a aussi déclaré un vice-ministre de la défense, Arkadi Bakhine.

Un détachement de navires militaires russes, mené par le croiseur à propulsion nucléaire Piotr-Veliki (Pierre le Grand), a emprunté cette voie et est arrivé la semaine dernière à l’île Kotelnyi, dans l’archipel de Nouvelle-Sibérie.

Ce raccourci polaire, rendu praticable durant les mois d’été grâce au réchauffement climatique et à la fonte des glaces, permet d’économiser de douze à quinze jours de voyage par rapport aux routes commerciales traditionnelles. En août, un navire marchand chinois a pour la première fois emprunté cette route pour rejoindre l’Europe en trente-trois jours.

Le trafic dans ces eaux arctiques reste toutefois encore embryonnaire au regard des routes traditionnelles qui empruntent le canal de Panama (15 000 transits par an) ou celui de Suez (19 000). Mais le volume de marchandises transportées par la route du nord-est devrait augmenter dans les années à venir : de 1,26 million de tonnes l’an dernier, le trafic passera à 50 millions de tonnes en 2020, selon la Fédération des armateurs norvégiens.

Source : LE MONDE