22 novembre 845 : bataille de Ballon (près de Redon).

Le chef breton Nominoë bat le roi de France Charles le chauve et gagne l’indépendance de la Bretagne


22 novembre 1890 : naissance de Charles de Gaulle (Lille).

Né dans une famille catholique dont le père affiche des idées monarchistes, il lit dans sa jeunesse Barrès et Péguy qui l’attachent à la République. Saint-Cyrien, il choisit l’infanterie et sert sous les ordres du colonel Pétain. Il est blessé trois fois lors des premiers combats de la Première Guerre Mondiale avant d’être fait prisonnier en mars 1916. Il tente de s’évader à cinq reprises sans succès et n’est libéré que par l’armistice. Militaire écrivain, il se distingue par une intelligence vive, un caractère cassant et une grande ambition pour la France. En gagnant Londres en juin 1940, il sauve la France sur la scène internationale. Président du conseil en 1958, puis Président de la Vème République, il amorce la décolonisation, pousse à la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire, fait sortir la France du commandement intégré de l’OTAN,…  Visionnaire, décideur, fondateur, ses qualités de dirigeant « au-dessus des partis » font de lui un homme politique exceptionnel dans l’Histoire de France. Lorsqu’il entendit dire lors d’une assemblée du RPF, « Mort aux cons! » il répondit « Vaste programme !« .


22 novembre 1902 : naissance de Philippe Leclerc de Hautecloque (Somme).

Saint-Cyrien, gaulliste de la première heure, instigateur du serment de Koufra, chef de la 2ème DB, des forces françaises en Indochine puis inspecteur des armées. Il meurt dans le crash de son avion le 28 novembre 1947.


22 novembre 1943 : le Liban s’émancipe.

Soutenus par les Anglo-Saxons, les Libanais imposent leur indépendance à de Gaulle, chef de la France libre. La date est depuis, fête nationale au Liban.


22 novembre 1944 : la 3ème armée de Patton prend Metz ;  la 2ème DB de Leclerc prend Saverne par surprise ;  la 1ère armée de de Lattre prend Belfort puis Mulhouse.


22 novembre 1961 : admission au service actif du Clémenceau (Toulon).

Premier « vrai » porte-avion construit en France (Brest), le Clemenceau est resté en activité jusqu’en 1997, soit 36 ans. 24 000 tonnes. 36 avions embarqués. 1920 hommes à bord.


22 novembre 1977 : déclenchement de l’opération Lamentin (Mauritanie).

Action menée par l’armée de l’air et la 11e DP contre le Polisario suite à son attaque de la voie ferrée Zouerate-Nouakchott.

Pour plus d’information sur l’opération, voir la Revue Historique des Armées (RHA Janvier 1992) et notamment l’article du général Forget qui a commandé l’opération.

Lire aussi le témoignage du colonel LONGUET, à l’époque pilote de Jaguar de l’escadron de chasse 3/11 Corse.


Bien que Lamantin soit une opération à dominante aérienne, elle mérite sa place dans la présente étude par les capacités de projection qu’elle met en œuvre car elles ont des conséquences sur le reste des opérations françaises en Afrique. La question au cœur de l’intervention est celle du Sahara espagnol et des revendications effectuées par plusieurs pays : Algérie, Mauritanie, Espagne et Maroc. La naissance en mai 1973 du front pour la libération de la saguia El-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), bientôt soutenu par l’Algérie, et opposé à la Mauritanie et au Maroc, entraîne l’intervention française. En effet, dès 1975 le Polisario lance des raids contre les intérêts mauritaniens et français en s’attaquant à l’industrie minière. En 1977, après plusieurs attaques où des Français sont tués et enlevés, la sécurité des ressortissants français étant désormais compromise, l’Etat mauritanien étant quant à lui menacé, la France décide d’intervenir à la demande de la Mauritanie. Elle doit amener le Front Polisario à renoncer à ses raids.

Essentiellement confiée aux forces aériennes, la mission consiste à surprendre un raid du Front Polisario et à le réduire. La particularité de Lamantin repose sur le fait que chaque intervention française doit être validée par les autorités mauritaniennes puis françaises, ce qui nécessite une préparation constante des forces françaises qui peuvent être sollicitées à n’importe quel moment. Les opérations sont menées depuis Dakar, soit à près de 1 000 – 1 500 kilomètres du théâtre d’opération, induisant des vols de près de cinq heures. De leur côté, les forces de l’armée de terre mettent en œuvre des petits groupes de parachutistes chargés de guider les Jaguars. Déployés sur le terrain, ces groupes jouent un rôle d’alerte et participent au déclenchement des actions offensives.

L’intervention française couplée à de meilleures offensives mauritaniennes permet de repousser peu à peu les assauts du Front Polisario. Mais la chute du président Moktar Ould Daddah, en juillet 1978, à la suite d’un coup d’État militaire entraîne la fin des revendications mauritaniennes sur le Sahara occidental et du même coup la fin des raids ennemis. Cela marque également la fin des opérations de Lamantin qui reste toutefois en place, de manière très allégée, jusqu’en mai 1980.

Source CDEC: 50 ans d’Opex en Afrique (1964-2014)