Heur et malheur du guerrier s’attache à caractériser la deuxième fonction. La force, et naturellement l’usage de la force dans les combats, n’a pas bénéficié d’une systématisation aussi complète que la souveraineté religieuse et juridique, soit par manque de réflexion de la part des théologiens responsables de l’idéologie, soit que les évènements aient contrarié la théorie. Mais la comparaison peut dégager de multiples aspects, dont des réseaux de correspondances précises et complexes entre l’Inde (le plus souvent indo-iraniens) et Rome ou le monde germanique attestent l’antiquité.

Dans une première partie, G. Dumézil analyse les rapports entre le dieu védique Indra et le roi latin Tullus Hostilius. C’est en effet le propre du monde romain de présenter une histoire des origines entièrement mythologique.

Dans la suite du livre, à travers d’autres exemples empruntés aussi bien aux mondes germanique et scandinave qu’aux domaines indien, grec et romain, l’auteur complète la figure du guerrier; il met en relief les périls de l’exploit, la souillure qu’il sécrète parfois, l’outrance et les péchés qu’il favorise. Il s’attache enfin à étudier le personnel de la fonction guerrière et les moments de la carrière héroïque.