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Natif de Briscous, dans les Pyrénées-Atlantiques, Jean Peyrelongue est mort au front en 1916 mais son corps et celui de ses camarades n’ont été retrouvés qu’en mai dernier…

Ce sont des travaux qui ont fait bouger le terrain… et les os sont apparus, affleurant au ras du sol. Des touristes les ont vus… et «entre le 25 et le 31 mai dernier, on a alors retrouvé 26 corps à l’emplacement d’un ancien poste de secours que les obus avaient enfoui», explique Jean-Pierre Laparra, le maire de Fleury-devant-Douaumont.

En 1916, lors de la bataille de Verdun, le village de Fleury-devant-Douaumont a été purement et simplement rasé. «Les Allemands ont tiré 90 000 tonnes d’obus, un obus au centimètre carré», résume Jean-Pierre Laparra… et sous ce paysage bouleversé, dans les décombres de cette commune martyrisée, des corps sont restés enfouis, portés disparus.

«D’habitude, on en retrouve toujours deux ou trois par an, mais là, c’est une découverte exceptionnelle. 26 Poilus ensemble… Ces hommes de plusieurs régiments appartenaient aux 5e et 70e divisions. Mais ils étaient déjà morts, alignés dans une salle de tri lorsqu’ils ont été recouverts, lors de l’attaque contre Fleury-devant-Douaumont», précise le maire.

Sous le contrôle de la gendarmerie, la fouille a alors rassemblé ossements et effets personnels, mais seuls sept hommes sur vingt-six ont pu être identifiés grâce à leur plaque, dont deux du Grand Sud : Jean Caillou, de Cestas, en Gironde et Jean Peyrelongue, de Briscous, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Jean Caillou ? Comme il n’avait plus de famille pour lui rendre hommage, sa commune a souhaité le rapatrier et le Souvenir Français a pris en charge son inhumation. Quant à Jean Peyrelongue, son histoire est d’autant plus émouvante que «ses proches sont venus de nombreuses fois à Douaumont faire des recherches. De lui, on savait qu’il avait été touché par une balle à la tête le 25 mai et qu’il était mort le 31. Fait singulier, c’est justement ce 31 mai 2013, 97 ans jour pour jour après son décès qu’il a été retrouvé», souligne Jean-Pierre Laparra, heureux que ses descendants aient enfin pu se recueillir sur le corps. Car pas moins de 17 parents Peyrelongue ont fait le déplacement pour accompagner aujourd’hui leur aïeul et ses camarades vers leur ultime demeure, la nécropole de Fleury-devant-Douaumont, la plus grande de 14-18 après Notre Dame de Lorette… 16 500 croix, plus cette vingtaine, désormais, comme la terre n’en a toujours pas fini de rendre l’atroce tribut de la guerre.

Cérémonies

Reconstitués par un médecin et un archéo-anthropologue, les corps seront portés en terre ce jeudi, lors d’une première cérémonie, puis le 21 février prochain, jour anniversaire du déclenchement de la bataille de Verdun, le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif rendra hommage à tous les morts. 26 millions d’obus tirés par l’artillerie… environ 300 000 soldats français et allemands furent portés disparus en 300 jours.

Pierre CHALLIER 

Source du texte : LA DEPECHE