Le Roi Mohammed VI a terminé sa visite officielle aux Etats-Unis par une rencontre au Sommet avec le président américain, Barack Obama, le vendredi 22 novembre 2013 à la Maison Blanche. Cette rencontre a permis aux deux pays, qui sont alliés depuis 1777, de réaffirmer les convergences dans le domaine géopolitique et d’envisager une dynamisation de la coopération économique.

Convergences géopolitiques

Barack Obama a insisté sur le leadership du Roi du Maroc « dans l’approfondissement de la démocratie, des progrès économiques et du développement humain au cours de la décennie écoulée ». C’est un soutien aux réformes démocratiques et économiques ainsi qu’au progrès constaté dans divers domaines notamment la promotion des libertés fondamentales et le respect des droits de l’homme. En fait, prenant acte que le Maroc est, grâce aux réformes impulsées par le Roi, l’un des très rares pays qui n’a pas été livré au chaos par les agitations des années 2011-2012 le président des Etats-Unis met en exergue l’exception marocaine et il reconnait que le modèle marocain peut constituer un exemple pour la région.

L’importance accordée par l’exécutif américain à la visite du Roi démontre l’influence et la crédibilité du Maroc sur la scène régionale et internationale. Les Etats-Unis, comme les autres grandes puissances, savent le rôle essentiel joué par le Maroc pour la stabilité en Afrique ainsi que le sérieux du Maroc dans la  lutte contre le terrorisme et l’extrémisme religieux dans la région sahélo-saharienne. C’est cette implication sans faille sur un dossier prioritaire aux yeux des Etats-Unis, qui a conduit à la réaffirmation par Washington et Rabat d’un partenariat stratégique ayant pour objectif de faire progresser des priorités pour la sécurité au Maghreb, en Afrique et au Proche-Orient.

La paix et la sécurité de la région du Maghreb et de l’Afrique sahélienne, menacés par les groupes terroristes et les narcotrafiquants, passent naturellement par une solution au conflit sur le Sahara marocain, d’autant plus que les liens du groupe séparatiste Polisario avec les mafias et les terroristes sont de plus en plus avérés. Sur la question du Sahara marocain,  le président des Etats-Unis a promis de continuer à soutenir les efforts destinés à trouver une solution pacifique, durable et acceptée mutuellement. A cet égard, la Maison Blanche a rappelé son soutien au plan d’autonomie marocain pour les régions du sud, le qualifiant de « sérieux, réaliste et digne de foi ». Il est en effet constant que le plan marocain constitue la seule solution pour mettre un terme à un conflit qui est un reliquat de la guerre froide et reste artificiellement entretenu par l’Algérie.

Le Maroc plate-forme vers le marché africain

La coopération économique a également été à l’ordre du jour de la visite. Le communiqué commun rédigé à l’issue de la rencontre entre les deux chefs d’Etat précise que les Etats-Unis et le Maroc ont signé un Accord de facilitation des échanges « qui développe l’Accord de libre-échange Etats-Unis-Maroc et représente pour le 21esiècle, un mécanisme permettant d’aller de l’avant dans la réforme et la modernisation douanières. Le Maroc est le premier partenaire des Etats-Unis dans la région avec qui un tel accord est conclu et qui approuve les principes communs de l’investissement et la technologie de la communication des informations et le commerce des services ».

Il est surtout notable que les Etats-Unis ont pris la mesure des efforts du Royaume en vue de promouvoir un développement durable. Du même coup,  ils reconnaissent le Maroc  en tant que plate-forme importante pour l’Afrique du Nord et l’Afrique sub-saharienne en termes de commerce et d’investissement. C’est donc la place centrale du Maroc dans la région qui est ainsi mise en exergue. La présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc, Miriem Chaqroun, a fait valoir aux milieux économiques d’Outre Atlantique que son pays, « grâce à la trentaine d’accords de libre-échange signés avec différents pays et à son expertise sur le marché Africain sert de hub pour les investissements productifs en Afrique ». Raison de plus pour tenter d’attirer les capitaux américains pour investir dans la croissance et le décollage économique d’un pays qui est positionnées aux portes du marché européen et du prometteur marché africain. Un marché africain dont les Etats-Unis découvrent qu’il est devenu un enjeu majeur dans leur rivalité avec la Chine.

En conclusion, il semble que ceux qui misaient sur un délitement des relations entre les deux pays, à cause de l’agitation de certains cercles ralliés à grandes frais aux manœuvres anti-marocaine du voisin algérien, en sont pour leurs frais. La diplomatie du Royaume aurait donc marqué un point.

Charles SAINT-PROT