Comment, en l’espace d’une décennie, la France a-t-elle pu renier les vestiges de son héritage gaullien pour se soumettre aux visées d’un réseau néoconservateur ultra-atlantiste, qui a réorienté de fond en comble notre politique étrangère ? Dans son essai La France atlantiste (Cerf, 2017), Hadrien Desuin explique comment ce courant a procédé à une surenchère permanente à l’égard des Etats-Unis, politique qui, in fine, s’est révélée être un désastre pour notre pays.

Dans l’entretien qu’il m’a accordé, Hadrien Desuin met très habilement en relief la logique intime de cette stratégie d’influence. Fin connaisseur des arcanes géopolitiques, ancien élève de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, il montre comment ce réseau puissant, implanté au cœur même de l’Etat, a fait du jeu des idées et de la maîtrise des concepts un outil d’une remarquable efficacité au service d’une idéologie messianique, avec des conséquences concrètes tragiques pour notre image, notre identité et surtout notre devenir.