Deux soldats français des forces spéciales ont été tués et deux blessés dans une embuscade tendue vendredi par des talibans dans l’est de l’Afghanistan, où la coalition concentre depuis quelques semaines ses efforts de lutte contre la rébellion et le réseau Al-Qaïda.

Afghanistan

L’attaque s’est produite dans la province orientale de Laghman à environ 38 kilomètres au sud-est de la capitale provinciale, Mihtarlam. La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a indiqué que les deux soldats tués avaient été victimes d’une «mine télécommandée». «Au cours d’un patrouille de nos forces spéciales, il y a eu un accrochage avec les talibans et, en même temps, un véhicule a sauté sur une mine télécommandée», a-t-elle déclaré.

Les deux Français tués sont un caporal chef de l’armée de l’air et un premier maître de la marine, a indiqué le ministère à Paris, qui n’a pas dévoilé à quelles unités ces hommes appartenaient. Deux sous-officiers de l’armée de l’air ont également été blessés au cours de l’opération, a-t-il précisé. Les blessés sont dans un «état stable» et ont été amenés dans un hôpital militaire de Bagram, la principale base américaine en Afghanistan.

Neuf soldats français tués en Afghanistan

Selon elle, si «dans la zone où se trouvent nos forces, la situation est toujours risquée, il n’y a pas de recrudescence particulière»«C’est plus au sud, et vers Kandahar, que l’on assiste depuis quelques semaines à une recrudescence des actions des talibans voire de certains éléments d’Al-Qaïda», a-t-elle ajouté.

Environ 200 militaires français des forces spéciales participent depuis la fin 2001 à l’opération Liberté Immuable, lancée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre pour chasser les talibans au pouvoir en Afghanistan et poursuivre le réseau Al-Qaïda, qui à l’instar de son chef Oussama ben Laden, avait trouvé un sanctuaire dans le pays.

Les forces spéciales françaises sont installées depuis la fin juillet dans la région de Jalalabad, la plus grande ville de l’est de l’Afghanistan. Elles ont quitté leur poste dans la région de Spin Boldak, ville frontalière du Pakistan, dans la province méridionale de Kandahar, lorsque l’Otan a pris le commandement des opérations militaires internationales dans la région sud.

Neuf soldats français ont été tués en Afghanistan depuis le mois de septembre dernier, selon un porte-parole de l’état-major des armées. Six d’entre eux appartenaient aux forces spéciales.