Les derniers éléments de l’enquête révèlent que les deux CRS n’ont pas été la cible d’une bande. Le profil assez hétéroclite des suspects appréhendés en témoigne. Parmi eux, figurent notamment deux chefs de famille – dont le père d’un bébé de trois mois –, un mécanicien automobile, le vigile d’une société de sécurité travaillant pour un hypermarché ou encore le pensionnaire d’un internat de l’Essonne âgé de 14 ans. Les autres suspects sont présentés, de source judiciaire, comme des «désœuvrés» vivant d’économie souterraine. De nationalité française, ils sont originaires du Maghreb ou d’Afrique noire. Tous sont fichés dans le système de traitements des informations criminelles. Le plus connu est signalé pour une trentaine d’affaires, dont plusieurs faits de violences à agents ayant entraîné des incapacités de travail allant jusqu’à huit jours.

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Sans doute victimes d’un guet-apens, deux CRS ont été attaqués et blessés mardi soir par une vingtaine de jeunes à Corbeil-Essonnes, dans la banlieue sud de Paris, près de la cité des Tarterêts.

L’officier et le chauffeur étaient en patrouille dans le cadre de la lutte contre les violences urbaines quand leur voiture banalisée a été prise pour cible par une vingtaine de jeunes, qui ont apparemment surgi d’un fourré, au niveau de la cité des Tarterêts.

L’incident s’est produit vers 21h50. L’officier, qui souffre notamment d’une plaie à la tête et d’un hématome à l’œil, a dû être opéré en urgence dans un hôpital d’Evry. L’autre policier, qui a pris de nombreux coups, y est également soigné. Leur véhicule a été « sérieusement endommagé » et une enquête est en cours pour identifier leurs agresseurs.

Cet incident est intervenu au soir de la publication par le quotidien Le Monde d’extraits d’une note alarmante du préfet de Seine-Saint-Denis sur la situation dans cet autre département de la région parisienne.

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« Ils se sont déchaînés ! » : le capitaine de la CRS 3 Ludovic Aubriot, 37 ans dont 15 au sein de la police, a raconté jeudi à des journalistes le guet-apens dans lequel son collègue et lui sont tombés mardi soir dans la cité sensible des Tarterêts à Corbeil-Essonnes.

Son collègue et lui « en mission de lutte contre les violences urbaines, supervisaient les effectifs CRS sur le département de l’Essonne« , raconte-t-il. « Je faisais le tour de l’ensemble de mes sections sur les trois secteurs sensibles de Corbeil-Essonnes et, au moment où nous sommes passés, on a subi le jet de deux projectiles« , poursuit le capitaine.

A peine les deux policiers s’étaient-ils arrêtés « pour voir quelles étaient les conséquences matérielles de ces tirs (que) en trente secondes, une vingtaine d’individus sont sortis des fourrés, très déterminés, et sont venus en découdre« . « On a subi de plein fouet cette agressivité, très rapidement, je me suis retrouvé à terre et, vous pouvez le voir même si ça a bien désenflé depuis, les personnes se sont déchaînées« , résume-t-il.

« Ils se sont acharnés »

Il estime à « au moins deux minutes » le temps pendant lequel il a été, ainsi que son collègue, roué de coups, particulièrement à la tête et au visage.

Il leur aura fallu attendre « quatre minutes à partir du début des faits » pour que, alertés par une riveraine ayant assisté à la scène de sa fenêtre, « des renforts de ma compagnie arrivent« . « Des minutes pendant lesquelles on est seuls et frappés« , résume le capitaine Aubriot.

Pour lui, le guet-apens ne fait aucun doute : « Par rapport à la brièveté et à la violence, je pense qu’il s’agissait d’une action concertée (de jeunes gens) qui s’attendaient à voir passer une voiture de police ou de pompiers ou d’un autre agent de l’État pour faire une action ciblée et, bien évidemment, quand ils ont vu que l’on était que deux, ils se sont acharnés« , répète-t-il.

Bien que « cette brièveté et cette soudaineté, sans signe avant-coureur particulier, nous (aient) choqués« , Ludovic Aubriot a « un moral très bon« . Même si « le citoyen que je suis est un peu révolté par cette haine qui s’est déchaînée sans raison« , le policier reste déterminé à reprendre « très vite (son) métier. J’ai hâte de retourner parmi les miens, dans mon unité au service du public et de la sécurité de nos concitoyens« .