Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian était en visite au salon international britannique Farnborough afin de signer un accord de coopération pour mettre sur les rails le futur FCAS AP (Future Combat Air System Demonstration Program) et « acter une nouvelle étape importante dans la relation franco-britannique » selon les mots du ministre français. Avant sa rencontre avec son homolgue britannique Philip Hammond, Jean-Yves Le Drian s’est rendu sur le pavillon « France », ainsi que chez Thales, Airbus Group et MBDA et s’est entretenu avec plusieurs sociétés représentant le savoir-faire français dans le secteur aéronautique.

Lors du sommet franco-britannique en janvier dernier, différents accords avaient été signés sur la conduite commune de programmes d’armement. Ce rapprochement stratégique s’inscrit dans les traités militaires de Lancaster House.

A partir d’hier une étape majeure est franchi dans la mise en commun des savoir-faire franco-britannique en vue d’élaborer l’avion de combat du futur.

Pour Jean-Yves Le Drian, « cet effort implique des investissements qui préparent l’avenir, mais qui contribuent aussi au maintien d’une base industrielle et de défense forte et compétitive en Europe. »

Cet accord porte sur une période de deux années où le partage technologique s’effectuera sur différents aspects comme la furtivité (dimension très sensible), l’avionique, les capteurs, les communications.

Piloter par Dassault Aviation et BAE Systems, cette phase de lancement représente un investissement de 150 millions d’euros permettant sur la durée d’économiser un développement séparé des programmes drones armés nEUROn pour la France et Taranis pour la Grande-Bretagne.

Le programme nEUROn est déjà un programme coopératif comprenant plusieurs pays européens (France, Suède, Italie, Suisse, Espagne, Grèce) tandis que le Royaume-Uni fait cavalier seul avec le programme Taranis et qui semble moins ambitieux que celui de Dassault, plus axé sur la furtivité que sur la possibilité d’y ajouter de l’armement. Participent au programme Taranis les sociétés Rolls Royce, Qinetiq (contraint récemment de se retirer du marché de défense américain) et Smiths Aerospace, une filiale de General Electric.

Avec cette nouvelle feuille de route franco-britannique, d’autres sociétés vont se greffer : Thales et Selex ES (Finmeccanica) pour les capteurs, Snecma et Rolls Royce pour la motorisation.

Pour Eric Trappier (PDG de Dassault) et Ian King (DG de BAE Systems), «cela représente une étape clé dans notre partenariat et fournit une feuille de route commune pour la coopération entre nos deux sociétés, qui pourrait finalement conduire à un programme conjoint de SCAF dans l’avenir ». 

Les deux ministres ont également signé un accord commun pour la rénovation à mi-vie du missile SCALP EG (« Stormshadow » outre-Manche) qui se fera avec l’appui de la société MBDA.

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Crédit photo : Stéphane Gaudin / THEATRUM BELLI