A quelques jours de Noël, un garagiste de Midi-Pyrénées et ancien légionnaire a sauvé la vie d’un bébé d’un mois en pratiquant immédiatement et calmement le bouche-à-nez sur le nourrisson inanimé, au milieu des clients paniqués, a-t-on appris vendredi auprès du Samu et des garagistes.

«Il faut féliciter ce garagiste qui a démontré un grand sang-froid. On peut penser que grâce à son action tout à fait adaptée, l’enfant âgée d’un mois a pu être sauvée», a assuré vendredi à l’AFP le chef de service du Samu 31 au CHU de Toulouse, Jean-Louis Ducassé.

Jeudi, en début d’après-midi, la mère et la grand-mère de l’enfant, d’une famille de l’Aude, s’étaient arrêtées pour faire le plein dans une station d’Avignonet-Lauragais (Haute-Garonne), au bord de la départementale 813 entre Toulouse et Narbonne. «La grand-mère était descendue prendre du carburant. Soudain, la maman est sortie de la voiture en hurlant : ‘elle ne respire plus’. Son bébé était bleu», raconte Laurence Martinez, propriétaire du garage et de la station service avec son mari, Pascal.

Ce dernier est intervenu : «La maman, choquée et affolée, ne voulait pas me donner le bébé et le serrait dans ses bras. J’ai allongé la petite sur une veste par terre et je l’ai ventilée pendant au moins dix minutes», raconte Pascal Martinez, 50 ans. «Au bout d’un certain temps qui m’a paru très long, elle a recommencé à respirer très difficilement. Pauvrette… J’ai continué à stimuler ses extrémités, les mains, les pieds. J’ai un passé qui m’a peut-être aidé. Je suis retraité militaire de la Légion. Ce sont des choses que l’on apprend».

Selon le quotidien la Dépêche du Midi, qui rapportait l’histoire vendredi, la petite Cassandra devait fêter jeudi son premier mois au service pédiatrique du CHU de Toulouse.

Au Samu, on explique que le bébé a probablement «fait un malaise très grave au cours d’une tétée, à cause d’une ‘fausse route alimentaire’, quand les aliments ne passent pas au niveau de l’oesophage mais au niveau de la trachée», alors qu’il avait auparavant souffert d’une bronchiolite.

Le garagiste a rendu hommage à son épouse qui a pris à part la mère et la grand-mère, complètement affolées, pour les apaiser et qui a appelé, avec deux téléphones, son médecin au village et les pompiers de Toulouse.

Selon Mme Martinez, le médecin de famille est arrivé le premier, puis l’équipe d’urgentistes et les pédiatres du Samu qui ont dit «bravo : ce sont les dix premières minutes qui sont cruciales». Fière de son mari, elle relève qu’il «n’avait jamais réanimé de bébé» mais «garde toujours son calme».

Source : 20 mn