19 décembre 1894 : début du procès du capitaine Dreyfus (Paris).

Ouverture des audiences du procès pour haute trahison. A l’unanimité, le conseil de guerre permanent décide de tenir les débats à huis clos. 


19 décembre 1941 : les  forces K et B à la peine en Méditerranée.

La Royal Navy subit de grandes pertes en Méditerranée en une seule journée. La force K, en chasse d’un convoi marchand italien au large de la Libye perd un destroyer et un croiseur en traversant un champ de mines flottantes. A Alexandrie, dans la nuit six plongeurs de combat italiens pénètrent dans le port égyptien et font sauter deux cuirassés de la force B, à l’aide de torpilles qu’ils ont chevauchées durant toute l’infiltration. Les six hommes du commando appartenant à l’unité du prince Borghese sont faits prisonniers par les anglais. 

Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1941, le périscope du Sciré permet au chef de la Decima MAS* d’apercevoir la côte égyptienne. Nuit très noire, mer d’huile. Là-bas, le feu du port d’Alexandrie trace une cicatrice fugace dans l’obscurité. Un sourire gourmand aux lèvres, Borghese rentre son périscope et donne l’ordre de plongée. Le sous-marin va se poser quinze mètres plus bas, sur un lit de vase.

Les six hommes qui composent les équipages des maïali enfourchent leurs engins et s’éloignent, avec la hâte du chasseur qui suit une piste fraîche. L’enseigne de vaisseau Luigi Durand de la Penne conduit le groupe des trois engins. Ses yeux bleu clair où brille toujours une lueur de malice, sa chevelure blonde et bouclée lui donnent un air juvénile. Mais peu d’officiers ont, dans la marine italienne, une détermination et un courage égaux aux siens. Sous sa direction, les hommes-torpilles se glissent à travers la ligne des torpilleurs de protection établis en avant de la passe. Il reste à pénétrer dans le port, dont l’entrée est protégée par un filet.

Trois contre-torpilleurs anglais se profilent dans la nuit, arrivant du large. Sans hésiter, Durand de la Penne fait signe à ses hommes de se glisser, avec leurs engins, entre les bâtiments ennemis. Les loups pénètrent ainsi dans la bergerie. De belles proies s’y trouvent : le cuirassé Valiant, le cuirassé amiral Queen Elisabeth, qui porte la marque de l’amiral Cunningham, et un pétrolier.

Les trois maïali se répartissent le travail. Durand de la Penne se porte contre le flanc du Valiant. Mais, après avoir déposé son engin sur le fond, il s’aperçoit qu’il ne peut plus redémarrer, un filin d’acier s’étant enroulé autour de l’arbre de l’hélice. Échouer à quelques mètres du but ? Il n’en est pas question. Poussant, tirant, il arrive à apporter, après de longs efforts, sa torpille au centre de la coque du Valiant. Réglage et amorçage des des détonateurs. Puis, à bout de forces, il remonte à la surface, où il retrouve son camarade Bianchi.

En quelques brasses, ils gagnent la proue du navire. Mais une sentinelle, sur le pont du Valiant, a vu les deux silhouettes noires, dans l’eau huileuse. Alerte générale.

Repérés par une vedette, les deux Italiens sont hissés à bord et emmenés sur le Valiant. Là, ils se refusent à livrer autre chose que leur nom et leur grade. Les officiers anglais ont vite compris quelle mission sont venus effectuer ces hommes. Mais ont-ils eu le temps de la mener à bien ? Et, si oui, où sont placées les charges explosives ? Des recherches systématiques risquent de durer longtemps, trop longtemps. Quelle est l’heure prévue pour l’explosion ?

Les Italiens s’enferment dans leur mutisme. Espérant que leurs nerfs vont craquer, les Anglais les bouclent à fond de cale, près du dépôt des munitions. En cas d’explosion, ils sont sûrs, ainsi, d’être les premiers déchiquetés.

Stoïque, Durand de la Penne compte mentalement les minutes qui lui restent à vivre. Il sait qu’on les a enfermés, en fait, précisément à l’endroit où il a placé son maïale. Quand l’explosion se produit, il est projeté hors de sa prison, sans autre dommage que quelques contusions. Les dieux de la guerre veillaient sur lui.

Quelques instants plus tard, alors que le Valiant prend déjà de la gîte, le Queen Elisabeth et le pétrolier Sagona sautent à leur tour, dans une gerbe d’écumes et de débris projetés en tous sens. (François Forestier)

* M.A.S. : des initiales dues à Gabriele d’Annunzio, qui a donné aux vedettes lance-torpilles de la Grande Guerre une fière devise, lourde à porter : MEMENTO AUDIRE SEMPER (« Souviens-toi de toujours oser »).

Maiale


19 décembre 1946 : insurrection en Indochine.

L’attaque de l’usine électrique de Hanoi plonge la ville dans le noir et donne le signal de l’insurrection. 7000 hommes armés attaquent les postes français et massacrent les civils européens. 


19 décembre 1961 : création du CNES (Paris).

Le centre national d’études spatiales est créé à l’initiative du général de Gaulle. 



19 décembre 1981 : premier vol du « BlackJack » (ex URSS).

Pouvant voler jusqu’ à Mach 2,1 sur 7300 km sans ravitaillement, le bombardier TU-160 emporte 40 tonnes de bombes et missiles. Il est le plus gros supersonique au monde et reste toujours en service.