Bylou est parti le 31 mai 2014 pour le paradis des commandos. Il avait écrit les paroles de la Valse du bataillon de choc.

Le bataillon parachutiste de choc est créé en 1943 à Staouéli en Algérie pour être l’équivalent du SAS britannique et de l’unité parachutiste de Skorzeny. « Né des services spéciaux, destiné aux services spéciaux, le bataillon de choc n’a que rarement été utilisé selon sa vocation », écrivait Raymond Muelle qui a figuré dans ses effectifs.  Entrainés au saut en parachute, les hommes sont débarqués d’un sous-marin pour leur première opération, la libération de la Corse à la fin de l’été 1943. L’unité est commandée à sa création par le chef de bataillon Gambiez. Formée en Algérie et entrainée par les Américains, elle est suspectée de « giraudisme » par les gaullistes de Londres. Pour dépasser ces querelles de chapelle et ces considérations politiques, les commandos composent de nouveaux chants plus adaptés à leur état d’esprit que ceux du répertoire en service.

Gabriel Redon, dit Bylou, un des 109 débarqués en Corse par le sous-marin Casablanca, écrit avec Vaucaire les paroles de la Valse du bataillon de choc sur une musique de Norbert Glanzberg. Leur chanson n’est pas sans rappeler la Valse bleu horizon des poilus de la Grande Guerre, pour la musique, car leurs paroles font plutôt dans l’humour, alors que celle des poilus faisait dans le sentimental. La valse des commandos est connue, mais a été rarement enregistrée et pratiquement pas chantée en dehors des amicales d’anciens. Son ton ironique et l’air de valse qui font l’originalité de cette chanson ont empêché sa diffusion dans le répertoire militaire, les soldats préférant la Marche du bataillon de choc (En pointe toujours) composée à la même époque pour la même unité.