En quelques décennies s’est forgée entre les États-Unis et l’Union européenne une relation distincte, sinon indépendante, de celle que les premiers entretiennent avec les États européens eux-même. La relation transatlantique n’est plus bilatérale, mais trilatérale. C’est précisément à l’exploration de ce troisième coté du triangle atlantique – celui qui relie Washington – qu’est consacrée cette note.
Longtemps la relation euro-atlantique a été placée sous le signe de l’alliance. En 2005, l’heure est à la confrontation, voire à la défiance et à la domination. Cette situation inédite pose deux questions : les États-Unis sont-ils prêts à accepter l’émancipation de l’Europe? Les Européens sont-ils prêts à relever le défi de l’autonomie? Pour répondre à ces questions, il faut s’interroger non seulement sur les nouveaux défis de la relation euro-atlantique et sur les conséquences d’un éventuel blocage du processus communautaire, mais en même temps sur la nature « pratique » de l’UE et sur les formes de l’influence américaine à Bruxelles.

Bruxelles-Washington