Atlas Toulouse 4

Le 22 janvier, devant le bâtiment d’Airbus Delivery Center* le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif a présidé la cérémonie de baptême du deuxième avion de transport tactique à allonge stratégique A400M, en présence du maire de Toulouse Pierre Cohen, de Fabrice Brégier, PDG d’Airbus Defence & Space, du général d’armée aérienne  Denis Mercier (CEMAA), sans oublier des aviateurs provenant des bases aériennes d’Orléans et de Mont-de-Marsan ainsi qu’une représentation de l’armée de Terre (11e brigade parachutiste de Toulouse et 1er régiment du train parachutiste de Cugneaux).

Kader Arif souligne que « Toulouse a accueilli jusqu’en 2009 la base aérienne 101 de Francazal, née avec l’Armée de l’air en 1934 et dont le souvenir, j’en suis convaincu, est aujourd’hui toujours bien présent dans l’esprit d’un très grand nombre d’aviateurs et plus particulièrement de transporteurs. Elle revit tel un « lieu de mémoire » de l’armée de l’air. »

Après le premier avion MSN 07 baptisé « Ville d’Orléans » le 2 août 2013, voici le MSN 08 baptisé « Ville de Toulouse ». Livré à l’armée de l’Air le 13 novembre 2013, l’Atlas a effectué son premier vol opérationnel sur un théâtre extérieur (Mali) le 29 décembre. Les 22 tonnes de fret ont été transportées en 6 heures 40 de vol. Pour comparaison, un Hercules C130 aurait effectué le même trajet en 9 heures 30 avec 9 tonnes de matériel.

Les dimensions de sa soute, de 4 mètres de large et 4 mètres de haut, et d’une longueur de presque 18 mètres, lui permettent de transporter par exemple un hélicoptère NH-90 ou CH-47 Chinook, ou bien 2 véhicules de transport d’infanterie de 17 tonnes chacun. Il peut également emporter un semi-remorque de 25 tonnes transportant un conteneur de 6 mètres, ou bien un canot de sauvetage, ou des équipements de levage de grande capacité telles des pelleteuses ou grues mobiles nécessaires aux missions de secours sur les lieux d’une catastrophe naturelle.

L’A400M peut couvrir des distances jusqu’à 8700 km et voler à une altitude de croisière de 11 300 mètres à une vitesse pouvant atteindre Mach 0,72 !

Sa polyvalence permettra également de pouvoir servir comme ravitailleur en vol. Il pourra ravitailler des chasseurs et des gros porteurs à des vitesses allant jusqu’à 422 nœuds de vitesse réelle (TAS), et jusqu’à 7600 mètres (25 000 pieds) d’altitude. Des hélicoptères pourront aussi être ravitaillés grâce à ses capacités de vol à basse vitesse (110 nœuds-205 km/h).

Les parachutistes (maximum 116 entièrement équipés) ne sont pas oubliés, même si pour le moment l’avion n’est pas encore certifié pour cela). Ils pourront être largués à hautes comme à faibles altitudes (12 000 mètres…à 4 mètres pour le largage de chargements). Les parachutistes peuvent sauter depuis la rampe (2 par 2) ou depuis les portes latérales.

L’A400M a été conçu pour diminuer au maximum les phases d’arrêts au sol : seulement 84 jours d’immobilisation sont nécessaires pour une maintenance étalée sur 12 années.

Le troisième A400M de série sera livré à la Turquie, unique partenaire non-européen du programme au standard IOC (Initial Operational Clearance) n’offrant que des fonctionnalités limitées à des vols logistiques, comme les deux premiers. Le quatrième avion qui sera livré à la France sera produit au standard SOC 1 (Standard Operating Clearance) bénéficiant de nouvelles fonctionnalités tactiques, principalement grâce à des améliorations du FMS (Flight Management System).

Le lieutenant-colonel Creuset, chef de la MEST A400M (Multinational Entry into Service Team) précise : « Quand l’avion sera bien maîtrisé, nous pousserons plus loin et nous attaquerons les posés d’assaut, le vol à très basse altitude, les missions de nuit avec jumelles de vision nocturne et la guerre électronique et les réactions face aux menaces. Ce n’est que plus tard que le ravitaillement en vol sera mis au programme ».

Stéphane Gaudin

* L’Airbus Delivery Center de Toulouse « Henri Ziegler » (du nom d’un des premiers dirigeants d’Airbus) est l’un des trois centres de livraison du groupe aéronautique dans le monde avec ceux de Hambourg en Allemagne et Tianjin en Chine. Inauguré en 2006, il est étendu sur une surface de 40 hectares, de l’autre côté des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac