A l’Initiative du Centre d’Etudes Diplomatique et Stratégique de Paris antenne Régionale de Dakar et en partenariat avec l’Observatoire d’Etudes Géopolitiques de Paris une conférence/débats sur le thème : « Contre-terrorisme, droit de l’homme et sécurité : Analyse de la face cachée de la crise dans la bande sahélo-saharienne de Tindouf au Nord Mali » s’est tenue ce jeudi 17 avril 2014 au KING FAHD PALACE HOTEL de Dakar.  

Organisée dans le cadre des matinales géopolitiques du CEDS de Dakar, cette rencontre de haut niveau a regroupé, outre les experts du CEDS et de l’OEG de Paris, les membres du Corps diplomatique, des représentants d’organisations internationales, des parlementaires, des hauts cadres de l’administration, des officiers généraux et supérieurs, des représentants des droits de l’homme… tous intéressés par le sujet à débatte.

La rencontre a été marquée par une série de communications d’experts en guise d’introduction aux débats.

Les présentations ont été faites par des spécialistes ayant une parfaite maîtrise des questions dont :

  • DR Charles SAINT-PROT Directeur de l’Observatoire d’Etudes Géopolitiques de Paris, Expert international en analyse géopolitique et géostratégique. Spécialiste des Etudes Islamiques au Centre Mauricie Hauriou de l’Université de Paris-Descartes Sorbonne Paris Cité, il est l’auteur de plusieurs analyses sur les questions stratégiques africaines.
  • Dr Babacar Socrate DIALLO, Polémologue, Géopolitologue, Expert anti-terroriste, Directeur Général du Centre d’Etudes Diplomatiques et stratégiques de Dakar, Directeur de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie
  •  M Abdoul Latif AÏDARA, Expert en analyse géopolitique, Directeur du Séminaire « Environnement sécuritaire des Etats » 

Les Experts ont démontré une parfaite identité de vue sur le thème de la rencontre qu’ils ont jugé être au cœur des problèmes de la sous-région.

Les débats ont été ouverts, francs et riches d’enseignements sur les différentes questions abordées notamment celles relatives à la menace terroriste sur toute la bande sahélo-saharienne de Tindouf au nord mali, la situation des droits de d’homme et l’environnement sécuritaire des Etats riverains.

Au terme des travaux, les participants ont adopté la présente déclaration comme appel à la communauté internationale et particulièrement à l’Union Africaine et au Conseil de Sécurité pour une résolution définitive de la crise qui secoue la sous-région depuis la zone du Sahara marocain jusqu’au Nord Mali et même au au-delà notamment au Niger.

Ainsi,

  • Considérant qu’il existe de réelles menaces terroristes dans la région ;  
  • Considérant les collusions entre les groupes terroristes sévissant en Afrique du Nord et au Sahel et les membres du Polisario recrutés localement dans les camps de Tindouf en Algérie  
  • Considérant que parmi les terroristes et extrémistes qui avaient pris le contrôle du septentrion malien en 2012 figurent des éléments du Polisario recrutés dans les camps de Tindouf par les groupes terroristes sévissant dans la région, dont AQMI, le MUJAO et ANSAR DINE ; 
  • Considérant que la menace de radicalisation des jeunes séquestrés des camps de Tindouf en Algérie, qualifié à juste titre de «bombes à retardement», est en train de se concrétiser.  
  • Considérant que les violations flagrantes des droits de l’homme sont observées dans les camps de Tindouf en Algérie par la séquestration des populations qui souhaitent rejoindre le Sahara marocain ;  
  • Considérant que les déplacés du Camp de Tindouf en Algérie sont plutôt des séquestrés et nom des réfugiés car empêchés de retourner chez eux ;  
  • Considérant que la communauté internationale reconnaît que le Maroc a assuré positivement ses responsabilités en matière de droit de l’homme, notamment à travers le Conseil National des Droits de l’Homme ;  
  • Considérant que la MINURSO a atteint ses limites par rapport à l’objet de sa création et de sa mission spécifique;  
  • Considérant que la question du Sahara marocain n’a que trop duré du fait des atermoiements des Nations-Unies ;  
  • Considérant que si rien n’est fait de manière urgente et objective pour soutenir le projet de large autonomie proposé par le Maroc, toute la bande sahélo-saharienne ainsi que les Etats qui lui sont riverains resteront dans une crise récurrente dont personne ne peut aujourd’hui mesurer l’ampleur des développements futurs ;  
  • Considérant qu’un certain pays dans le cadre de sa stratégie de puissance dominatrice, s’accommode de la situation actuelle pour entretenir artificiellement la fiction d’un Etat qui n’existe nulle part ;
  • Considérant que le plan de large autonomie proposé par le Maroc est jugé crédible et favorablement accueilli par les grandes puissances et la communauté internationale ;  
  • Considérant qu’il y un blocage des possibilités de coopération franche entre les puissances régionales (comme l’Algérie et le Maroc) en matière de lutte contre le terrorisme ;

Soucieux d’un environnement sécuritaire stable des Etats de la sous région pour un développement harmonieux,

La conférence de haut niveau organisée sou l’égide du CEDS de Dakar en partenariat avec l’Observatoire des Etudes Géopolitiques de Paris :

  • Appelle à une large mobilisation de la communauté internationale pour une élimination définitive des facteurs d’instabilité dans la bande sahélo-saharienne ;  
  • Appelle à la radiation de la question du Sahara de l’ordre de jour de la 4ème Commission des Nations Unies car ne relevant pas d’un cas de décolonisation ;  
  • Recommande la fermeture des camps de Tindouf qui sont devenu un terreau fertile pour le recrutement des terroristes qui essaiment dans la bande sahélo-saharienne ;  
  • Affirme son opposition à toutes les formes de mouvements irrédentistes dans la région ;  
  •  Réaffirme la pertinence du Plan de large autonomie proposé par le Maroc comme seule alternative à la résolution de la crise du Sahara ;  
  •  Recommande l’adoption d’une résolution par les Nations unies pour appuyer le plan marocain de large autonomie ;  
  •  Recommande le remplacement de la MINURSO par un nouveau dispositif international qui aura pour mission d’appuyer et d’accompagner la mise en œuvre efficace du plan de large autonomie proposé par le Maroc ;   
  • Recommande un large soutien en faveur du Gouvernement malien pour trouver une solution durable par le retour de la paix et de la sécurité dans la partie nord de son territoire ;  
  •  Recommande l’approfondissement de la réflexion sur une nouvelle forme de territorialisation en s’inspirant de l’exemple marocain de régionalisation avancée dont pourraient largement s’inspirer, si besoin est, des pays africains ;  
  •  Recommande la mise en place d’un dispositif de veille intégrant tous les pays de la bande sahélo-saharienne de Tindouf au Nord Mali et même au-delà pour anticiper tout ce qui pourrait impacter négativement la paix et la sécurité dans la bande sahélo-saharienne.  
  •  Invite toutes les organisations éprises de paix et de justice à soutenir la présente déclaration.  

La conférence réaffirme que la prise en compte de telles recommandations par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, de Tindouf au Nord Mali, constitue :

  • La réponse définitive à la question du Sahara marocain ;
  • La promotion des véritables droits de l’homme des citoyens Marocains du Sahara après la fermeture des camps de Tindouf en Algérie et leur libération,
  • Le levier stratégique pour éradiquer le terrorisme et pour restaurer la paix et la sécurité dans la bande sahélo-saharienne après la nouvelle politique réussie de régionalisation avancée qui pourrait éventuellement être initiée par le Mali. 

Fait à Dakar, le 17 avril 2014