Alors qu’une « votation populaire » aura lieu en Suisse en septembre sur le maintien ou non de l’original système de défense basé sur la milice populaire, ce petit ouvrage se veut, et est, une vigoureuse illustration de l’intérêt, de l’importance, de la nécessité d’une défense pleinement assumée par l’ensemble des citoyens.

Digue-au-chaosDans sa préface, Philippe Leuba rappelle que « l’armée constitue un dossier inévitablement politique, mais ne saurait se limiter à ce statut, parce que notre sécurité va bien au-delà … En oubliant la mission fondamentale qui lui est assignée, en acceptant qu’elle soit réduite -avec la bénédiction cauteleuse de ses adversaires- à être un jouet que l’on peut assembler ou désassembler à sa guise, nous perdons de vue que c’est l’affaiblissement du pays qui est en jeu ». Et Jean-Jacques Langendorf établit ce constat : « Celui qui ne dispose pas d’un minimum d’informations historiques est comme une taupe aveugle qui chercherait son chemin dans une prairie … Qui veut s’orienter, qui veut savoir où il est, voire qui il est, a besoin d’un minimum de connaissances historiques que l’école avait pour mission de lui révéler … Il va de soi que la suppression, ou la réduction, de l’histoire dans les programmes scolaires a pour effet, et c’est d’ailleurs le but recherché, de participer à la décérébration universelle ». Le cadre est posé. L’ensemble du volume est donc consacré à la défense et à l’illustration, à partir de très nombreux exemples historiques, de la milice citoyenne, seule susceptible selon l’auteur d’assurer réellement la défense de la patrie. Des références fréquentes sont faites à l’analyse de cette notion de « milice » dans les autres pas (dont L’armée nouvelle de Jaurès, mais aussi la garde nationale américaine).

Il cite les avis très favorables exprimés par le gouverneur militaire de Paris visitant une école militaire suisse en 2012 et détaille la position des différents partis politiques helvétiques sur la question. Il s’efforce ensuite de déterminer les menaces diffuses (terroristes, bandes armées, mafias) d’aujourd’hui et de demain, dont les modes d’action disqualifient selon lui les armées professionnelles, mais rendent toute leur importance à la notion de citoyen en arme. Au terme d’un vibrant (et brillant) pamphlet, la dernière phrase résonne : « Le dilemme et simple : ou les Suisses affirment leur volonté de défense, ou ils sont mûrs pour une capitulation, quelle que soit sa nature ! ».

Mais, finalement, n’est-ce vrai qu’en Suisse ?

Editions Cabédita, Bière (CH), 2013, 78 pages.

Source : GUERRES & CONFLITS