Piraterie maritimeLe drapeau noir flotte toujours sur les océans. Le Bureau maritime international (BMI) a recensé plus de 4 000 actes de piraterie dans les vingt dernières années.

Le rapport du BMI, publié en janvier 2014, indique que les pirates ont été moins actifs sur les mers du monde en 2013. 264 incidents de piraterie ont été recensés l’an dernier, confirmant le mouvement de repli observé depuis quelques années, avec 297 faits observés en 2012 (-11 %) et 445 en 2011 (-41 %).

Le 8 décembre 2008, les forces navales européennes – l’opération Atalanta – ont été déployées dans le golfe d’Aden afin de protéger cette route maritime, primordiale pour l’approvisionnement du monde occidental : chaque année 20 000 navires marchands transitent par cette zone et 2,2 millions de barils de pétrole y sont transportés chaque jour à destination de l’Europe.

Outre les forces européennes, deux autres coalitions opèrent dans l’océan indien : celle de l’OTAN, baptisée Ocean Shield (quatre navires) et celle des Etats-Unis (six bâtiments). Sans oublier plusieurs marines nationales : russe, chinoise sud-coréenne, indienne, espagnole, saoudienne, japonaise.

En 2014, chacun s’accorde à dire que le succès de l’Atalanta est indéniable. En un peu plus de quatre ans après le début de la mobilisation internationale, les résultats sont édifiants. Alors qu’au plus fort des actions de piraterie, jusqu’à 50 navires de commerce et un millier de marins étaient retenus en otage le long des côtes somaliennes, en janvier 2011, on ne comptait plus que 36 bateaux et 720 membres d’équipage. Un chiffre qui est tombé à 4 navires et 108 marins fin 2013.

Par ailleurs, on ne saurait trop insister sur la généralisation des « Best Maritime Practices », une série de bonnes pratiques mises en œuvre par la Marine marchande pour éradiquer la Piraterie.

Et si la piraterie somalienne recule, à l’ombre des médias, les actes perpétrés par les pirates sont en revanche en hausse de l’autre côté de l’Afrique, aux larges des côtes du Nigeria (31 incidents en 2013 contre 27 en 2012 et 10 en 2011).

Olivier d’AUZON est consultant auprès d’organisations internationales, notamment les Nations Unies, la Banque mondiale et l’Union européenne.  

Marc de RODELLEC du PORZIC, Officier Supérieur de la Marine Nationale (Commandos Marine) Directeur Général de CONCORD RISKS (RSO), Expert international ISPS/Expert maritime IIMS, auprès de l’Union européenne et de l’OMI.