Déjà auteurs ensemble d’un L’art de conduire une bataille. Les tactiques des plus grands stratèges, de la bataille de Cannes à la guerre du Golfe, Gilles Haberey et Hugues Perot récidivent avec ce passionnant volume consacré à l’identification des causes d’une défaite militaire.

Ils ne prétendent pas pour autant imposer des réponses et précisent bien dès l’introduction que « l’acte guerrier est complexe, car il intègre des données multiples » et que « l’humilité en matière d’assertions doit prévaloir ». Certaines règles essentielles peuvent néanmoins être identifiées dans le temps long et les deux auteurs en dénombrent sept : s’engager sans renseignement, se laisser imposer le terrain, subir le rythme de l’adversaire, sous-estimer son ennemi, manquer d’audace, s’obstiner inutilement et céder à la panique. Pour chaque thème principal, deux ou trois batailles sont analysées, de l’Antiquité (lac Trasimène, Carrhes) au XXe siècle (Caporetto, Falaise, Cao Bang) en passant par Balaklava ou Adoua au XIXe s., Malplaquet ou Yorktown au XVIIIe s., etc.

Les auteurs font ainsi le choix de ne pas retenir les grands affrontements les plus célèbres, mais de se concentrer sur des batailles dont le nom reste en mémoire sans que le détail de leur déroulement ne soit toujours bien connu. Pour chacune, la situation générale, les forces en présence et les intentions des chefs sont précisées, suivies par le récit du déroulement de la bataille avec cartes et enfin la synthèse des enseignements tactiques (en intégrant tous les paramètres, humains, techniques, tactiques, géographiques, etc.).

Le style, simple, sobre, adapté, rend la lecture particulièrement aisée. Bien sûr, ici ou là, tel ou telle observation ou raccourci un peu trop rapide peut faire réagir (d’ailleurs, tant mieux !), mais l’ensemble est extrêmement pédagogique, cohérent, convaincant. Un volume indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à « l’art de la guerre ».

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2017, 253 pages. 26,90 euros.

Source : Guerres & Conflits