Afrique-guerre-cartesDans le droit fil de son ouvrage Les guerres d’Afrique, des origines à nos jours*, Bernard Lugan propose aujourd’hui un atlas qui pourrait être (presque) compris comme un « testament » intellectuel tant il est ample, synthétique et porté par une idée qui s’exprime dès le premier article : « Le retour des ethnies », celles-ci étant pour lui aux sources des guerres africaines et les autres facteurs n’intervenant que pour amplifier cette cause initiale.

L’ouvrage se présente sous la forme d’une succession d’articles, ou de fiches de synthèse, d’une à deux pages pratiquement toujours associés à une carte très lisible. La première grande partie, après avoir expliqué le contexte continental (la végétation, l’eau, les langues, les religions, les matières premières, les politiques d’armement, etc.) s’intéresse aux conflits actuels et aux zones de crises en cours, de l’Afrique du Nord au Sahel, à l’Afrique orientale et centrale.

La seconde partie, plus prospective, identifie les « guerres de demain », qu’il s’agisse des conflits ethniques « en sommeil » (Guinée, RDC, Ethiopie, etc.), des conflits frontaliers « potentiels » ou des autres zones fragiles (Egypte, Algérie, Cameroun). Il termine par l’Afrique australe, avec cette interrogation inquiétante : « De l’arc-en-ciel au tsunami »…

Considérant en conclusion les partis politiques africains ont dans la quasi-totalité des cas une base ethnique, et que « la démocratie ethno-mathématique tue la démocratie parce que, grâce au système majoritaire, les peuples démographiquement dominants échappent à l’alternance politique » (voir les cartes des pages 156 ou 184 par exemple), il en appelle à« trouver un moyen constitutionnel permettant de répondre à cette question essentielle : comment éviter que les plus nombreux soient automatiquement et définitivement détenteurs d’un pouvoir issu de l’addition des suffrages ? ». Une question qu’il est sans doute l’un des rares à poser et qui risque d’être mal accueillies sous nos cieux. Mais qui repose la question des frontières arbitraires héritées de la période coloniale et trouve sa légitimité dans la multiplication et la permanence des crises et des guerres depuis de si nombreuses années.

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Source : notre partenaire Guerres & Conflits

* Ouvrage qui a reçu en janvier 2014 le Prix « Raymond Poincaré » décerné par l’UNOR.