Au Salon Euronaval, un bateau attire l’œil. Entièrement camouflé en deux tons style « Centre Europe » et puissamment armé (une MAG 58 à chaque bord à l’arrière en calibre 7,62 et une mitrailleuse 12,7 à l’avant sur pivot « pour faire baisser les têtes »). A l’arrière, le bateau est équipé d’un système acoustique longue distance HYPERSPIKE fabriqué par la société GEIM. On pourrait croire que ce bateau est destiné aux commandos-marine mais ce n’est pas le cas. Il est toutefois élaboré pour les forces spéciales, mais…terrestres. Depuis plusieurs mois, cette embarcation est entre les mains « de choc » du 1er RPIMa pour des phases de test.

Les forces spéciales cherchent à retrouver une capacité d’intervention amphibie (pénétration en profondeur, liaison) sur les fleuves, les grands lacs et les estuaires qui n’était plus tellement d’actualité dans l’armée de terre depuis la guerre d’Indochine.

Les forces spéciales ont ainsi contacté la société PIRENN, installée à Arradon (56), spécialisée dans la course off-shore pour créer un bateau rapide qui puisse répondre aux exigences de troupes d’élite. Baptisé « Styx », nom du fleuve des Enfers de la mythologie grecque, il est d’une longueur hors tout de 8,20 pour une largeur de 2,46 m. Son tirant d’eau oscille entre 0,40 et 0,80 m selon les charges. Les deux moteurs hors-bord de 250 cv chacun propulsent l’embarcation pouvant accueillir 12 personnes jusqu’à une vitesse de 30-40 nœuds. Les moteurs, militarisés et durcis, utilisent plusieurs types de carburants (Kérosène – JP5 – TR5 -TR8 – Jet A-1) permettant ainsi à l’embarcation d’être aérotransportable. PIRENN forme aussi les commandos au pilotage de ce bolide de combat.

Le dessin de carène est typé Mannerfelt et Campbell et directement inspiré des innovations issues de la course au large (Offshore racing – V1). Les virures axiales inversées au V de la carène permettent de travailler le flux d’eau de façons optimale. Elles sont rapportées à la coque et servent ainsi de repère et bande d’usure (échouages). Un bracket permet de faire travailler les hélices à leur rendement maximum sans l’adjonction de flaps, appendice fragile souvent source d’avaries. Un patin de quille et deux ailerons de part et d’autre de la poupe viennent finaliser la recherche de performance et de maniabilité.

Le bateau est toujours en période d’essai au sein des forces spéciales et la mitrailleuse placée à l’avant pourrait être remplacée par deux MAG 58 de FN Herstal à chaque bord permettant ainsi aux commandos un débarquement rapide par l’avant.

Autour de ce prototype, plusieurs PME françaises dynamiques participent au projet qui a pu voir le jour 8 mois seulement après l’expression du besoin : la société CEDREM très performante sur les plaques blindées protégeant les tireurs derrière leurs mitrailleuses ; la société STANCK spécialisée dans les revêtements polymères, le bureau d’études SEAWOLF et SEASTEM pour les équipement électriques et électroniques embarqué.

Crédit : C. Noblanc - LE MARIN

Crédit : C. Noblanc – LE MARIN

Crédit : Stéphane Gallois - LE MARIN

Crédit : Stéphane Gallois – LE MARIN