L’armée belge a mis au point, totalement en interne, un système destiné à protéger ses blindés à roues de type AIV contre les tirs de lance-roquettes de la famille des RPG-7, l’arme anti-char plus répandue au monde, à un coût trois fois inférieur à celui d’un produit de l’industrie, a-t-on appris dimanche de source militaire dimanche.

Ce système, baptisé « Slat Armour », consiste à doter les blindés 8×8 de la famille AIV (« Armoured Infantry Vehicles », alias Piranha III) d’une sorte de grillage métallique extérieur, dont les croisillons doivent déclencher l’explosion d’un projectile RPG, avant même qu’il ne touche le véhicule – et ne risque de perforer son blindage.

Plusieurs sociétés proposent des solutions similaires. Mais plutôt que d’acheter « sur étagère », la Défense a préféré, pour des raisons budgétaires, développer cette protection additionnelle passive en interne, en associant les opérationnels, les chercheurs de l’Ecole royale militaire (ERM) à Bruxelles et le Centre pour l’Evaluation et de Test du Matériel (CEM), a expliqué l’un des responsables du projet, le capitaine Jeroen Dirkx.

L’armée a d’abord étudié de manière approfondie le fonctionnement du RPG-7, qui utilise des projectiles à charge creuse perforant les blindages. Soixante tirs d’essai ont ainsi eu lieu.

Un prototype complet de « Slat Armour » – une sorte de « cage » entourant le véhicule et composé de lamelles (« slats » en anglais) – a été ensuite réalisé par le Centre de compétence matériel roulant et armement (CC R&A) de Rocourt et testé sur le terrain par le bataillon des Chasseurs ardennnais.

Selon le capitaine Dirkx, les tests ont montré que ce système « se compare facilement aux produits commerciaux de firmes renommées », mais à un tiers du coût… L’état-major a confié la fabrication en série (27 kits, de quoi équiper une compagnie dotée d’AIV dans les sept versions existantes) au même organisme.

La Défense peut ainsi déployer une compagnie de manoeuvre – une centaine de fantassins – en lui offrant un degré de protection plus élevé contre des tirs de RPG. Mais ce « pré-blindage » additionnel n’est toutefois pas conçu pour contrer les bombes artisanales (ou « Improvised Explosive Devices », IED), largement utilisées dans des zones de conflits, comme l’Afghanistan ou le Mali.

L’armée envisage de tripler la production, mais « aucune décision » n’a encore été prise, selon le service de presse de la Défense.

Source du texte : 7SUR7.BE