samedi, 04 février 2012
Entretien avec l'historien Mikaïl Dmitriev sur les tensions actuelles entre l'Ukraine et la Russie
Mikhaïl Dmitriev est historien et directeur du Centre d’études ukrainiennes et biélorusses de la faculté d’histoire de l’Université Lomonossov. Le chercheur explique au Courrier de Russie quelles sont les racines de l’hostilité actuelle entre la Russie et l’Ukraine, et pourquoi ces tensions sont appelées à s’apaiser dans un avenir proche.
Le Courrier de Russie : Comment avez-vous eu l’idée de créer un Centre d’études ukrainiennes et biélorusses ?
Mikhaïl Dmitriev : Étudiant, à l’époque, l’histoire de la Pologne et sa vie religieuse du XVIe au XVIIe siècles, je me suis intéressé à l’influence du protestantisme sur les territoires des Slaves orientaux, en Pologne-Lituanie [territoires qui appartiennent aujourd’hui à l’Ukraine et à la Biélorussie, ndlr]. Mes recherches m’avaient conduit à effectuer plusieurs voyages dans ces pays et à rencontrer des historiens ukrainiens et biélorusses. En discutant avec eux, j’ai réalisé combien l’histoire de ces deux pays était intéressante. En août 1990, à Kiev, j’ai eu l’occasion de participer à un congrès de l’Association internationale des chercheurs spécialisés en études ukrainiennes. Des équipes venues des États-Unis, d’Italie, de France et même du Kazakhstan, du Japon ou encore de la Chine y participaient… La Russie était le seul pays à ne pas y avoir envoyé de délégation. Seuls quelques chercheurs russes, venus – comme moi – de leur propre initiative, ont répondu présents. Face à ce constat, j’ai proposé à des collègues ukrainiens de créer un centre d’études ukrainiennes à Moscou. Ils ont largement soutenu l’idée et immédiatement offert d’en sponsoriser la création. Ils nous proposaient 150.000 roubles – ce qui représentait, à l’époque, une somme colossale. Nous avons dû refuser cette contribution : il nous était difficile, alors, de trouver à cette somme une application correcte. Nous nous sommes mis d’accord sur une subvention de 50.000 roubles, pour n’en obtenir finalement que 15.000. Mais c’est sur la base de ce capital que nous avons élaboré notre premier programme de recherches.
LCDR : Quels sont les objectifs du Centre ?
M.D. : Force est de reconnaître que l’histoire de l’Ukraine et de la Biélorussie n’a jamais été étudiée à fond par les chercheurs russes. À l’époque soviétique, l’histoire des républiques nationales était considérée comme l’affaire de chacune d’elles. Et même si les universités de Moscou enseignaient une matière intitulée Histoire de l’URSS, il ne s’agissait en réalité que d’une histoire de la Russie qui accordait une place très insignifiante au passé des autres républiques. Il s’agit, pour nous, d’un manquement, d’une erreur majeure – et la vocation du Centre est précisément d’y remédier.
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vendredi, 19 août 2011
Les Scythes
L'apparition du nomadisme dans les steppes
Contrairement à ce que l'on imagine souvent, le nomadisme n'est pas la survivance d'un mode de vie archaïque, conservé par quelques tribus inadaptées en marge des "vraies" civilisations. C'est au contraire une spécialisation économique développée pour exploiter un biotope particulier. Son apparition semble s'être produite au début de l'âge du fer, dans la vaste bande de steppes qui s'étend en Europe orientale, en Sibérie et en Asie centrale, et dans les zones limitrophes de steppe boisée, de pâturages de montagne et de semi-désert. Sur ces territoires avaient fleuri à l'âge du bronze les cultures apparentées dites "d'Andronovo" et "des tombes à charpentes", dont les porteurs étaient vraisemblablement de langue indo-européenne, sans doute en majorité iranienne. Ce sont les héritiers de ces cultures sédentaires qui, abandonnant l'essentiel de leurs activités agricoles au profit d'un élevage extensif et transhumant, passèrent au nomadisme vers le début du Ier millénaire av. J.-C. Leurs talents de cavaliers, la forte coloration guerrière de leur civilisation pastorale, firent souvent d'eux le fléau de leurs voisins sédentaires.
Les premiers nomades de la steppe qui nous soient connus par leur nom sont les mystérieux Cimmériens, aux affinités encore incertaines, auxquels on attribue des vestiges des IXe -VIIIe siècles av. J.-C. retrouvés en Ukraine et Russie méridionale. Ils sont évoqués par les poèmes homériques et par des sources assyriennes des années 722-715 av. J.-C.
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lundi, 04 juillet 2011
Les Cosaques, de la société de guerriers à la caste militaire
Le débat sur les origines
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jeudi, 02 décembre 2010
Conférences sur les résistances ukrainienne et lituanienne, samedi 11 décembre
14h00 : L'armée insurrectionnelle ukrainienne : une résistance nationale et antitotalitaire (1942-1956), par Pascal LANDES, historien et journaliste
15h00 : La résistance armée lituanienne à trois occupations (1940-1957), par Gilles DUTERTRE, historien
16h30 : Projection du film Zalizna Sotnia / The Company of Heroes, du réalisateur Oles YANCHUK (vosta)
Sur la résistance ukrainienne :
La seconde guerre mondiale a débuté en une période difficile pour l'Ukraine. A la suite des répressions féroces de l'époque staliniennes des années trente, comprenant entre autres la famine artificiellement provoquée et la liquidation massive de l'intelligentsia ukrainienne nationale, les forces politiques nationales ukrainiennes sous occupation soviétique étaient totalement inexistantes.
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mardi, 27 juillet 2010
Cosaques : L'origine des "guerriers libres" (partie 1/2)
Le fléau était venu de l'Est. Conduits par le Mongol Baty Khan, les envahisseurs au visage plat et aux yeux bridés, vêtus de fer et de peaux de bêtes, descendirent la vallée prospère du Dniepr comme un nuage de sauterelles, et ils la laissèrent dans la désolation après leur passage. Ils saccagèrent les villes, démolirent les églises, rasèrent les maisons, empilèrent en tas les morts innombrables. Les survivants s'égaillèrent. L'âge des ténèbres ensevelit les Russes.
Le coup reçu par les Russes en 1240 était plus terrible, plus traumatisant que celui que les Anglais avaient essuyé en 1066. Foyer d'une société chrétienne florissante, capitale d'un État qui avait noué des liens avec l'Angleterre d'Alfred le Grand et la fastueuse Byzance des empereurs, la fière cité de Kiev était tombée aux mains d'une horde de cavaliers tatars qui l'avaient presque complètement détruite.
Les Tatars poursuivirent leur marche vers l'ouest ; puis, tenus en échec en Europe centrale, ils firent demi-tour. Leurs chefs mongols fondèrent une sorte de capitale à Saraï sur la Volga et entreprirent d'établir leur pouvoir sur leurs nouveaux territoires, l'empire de la Horde d'Or. Il comprenait les steppes qui s'étendaient de l'Oxus à l'est jusqu'à la Galicie à l'ouest et, au nord, quelques principautés russes démembrées qui avaient succédé à l'État de Kiev.
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Cosaques : L'origine des "guerriers libres" (partie 2/2)
La Moscovie allait acquérir le monopole virtuel des services mercenaires des communautés cosaques de l'Est, mais les Cosaques des établissements occidentaux furent employés par divers États en conflit. Ils se qualifiaient eux-mêmes de « hardis compagnons », de « chevaliers », d' « aigles », et leur réputation de guerriers se répandit vite au-delà des frontières de la Pologne, de la Moscovie et de la Turquie.
En 1594, le Vatican avait entendu dire que les Cosaques « se déplaçaient comme des aigles, en volant d'abord dans un sens, puis dans l'autre », et le pape Clément comme l'empereur Rodolphe II, très inquiets des ambitions turques, envoyèrent des ambassadeurs auprès des Zaporogues pour les persuader d'envahir la Moldavie et de se joindre à la Transylvanie, la Valachie, la Pologne et la Moscovie pour former une alliance chrétienne contre les Turcs (40). Les Zaporogues déclinèrent cette invitation en prétextant que les raids des armées tatares ne leur avaient laissé que 400 chevaux pour 3.000 hommes, et ils ajoutèrent qu'en tout état de cause ils en faisaient déjà assez contre les Turcs. Peut-être les primes offertes n'étaient-elles pas suffisamment élevées; nous n'en savons rien ; mais ce dont nous sommes sûrs, c'est qu'ils continuèrent leurs expéditions profitables contre la Crimée et les possessions turques sur la mer Noire, et qu'en 1621 les succès polonais dans la campagne de Khotine furent dus pour une bonne part aux Cosaques ; ce fait fut bien apprécié par l'ennemi, à défaut de leurs employeurs, puisque les Turcs cette année-là mirent à prix leurs têtes à raison de 50 ducats l'une. Leur réputation gagna la Suède où le roi Gustave-Adolphe les appela un jour « nobles chevaliers et guerriers, maîtres du Dniepr et de la mer Noire » ; avant 1625, ils étaient connus en Angleterre comme des « hommes qui participent aux guerres étrangères et font leur proie de tout » (41).
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dimanche, 25 juillet 2010
L'armée ukrainienne pourrait perdre 20% de ses effectifs
D'ici 2015, les effectifs de l'armée ukrainienne pourraient subir une réduction de 20% des effectifs, lit-on jeudi dans un projet de Concept du développement des forces armées examiné actuellement par le gouvernement.
"Selon les estimations du ministère de la Défense, un réexamen des dépenses permettra de réduire les effectifs des forces armées à 150.000-160.000 personnes (actuellement estimés à 200.000 personnes)", stipule le document, en ajoutant que les dépenses militaires subiraient toutefois une augmentation d'au moins de 15 à 20% par an.
Par ailleurs, le document prévoit de vendre les biens militaires superflus, ce qui devrait rapporter au budget une somme de 1,5 à 2 milliards de grivnas (188-250 millions de dollars).
Source du texte : RIA NOVOSTI

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mercredi, 14 juillet 2010
Musique : "rock cosaque" du groupe ukrainien HAYDAMAKY
Le clip a été tourné dans le cadre magnifique de la forteresse ukrainienne de Kameniets-Podilskiy, lieu de combats epiques contre les Ottomans.
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samedi, 19 juin 2010
Conférence : "Skoropadsky et l'Etat ukrainien de 1918, actualités et controverses"
Conférence de Iaroslav Lebedynsky, le jeudi 24 juin de 18h à 20h, au Centre d'Etudes Slaves, 9 rue Michelet, Paris 5e.
Cet ouvrage analyse la personnalité et l'oeuvre politique d'un personnage clef de l'histoire de l'Ukraine au XXe siècle. Pavlo Skoropadsky, après une brillante carrière dans l'armée impériale russe, prit en 1918 la tête de la fragile Ukraine indépendante qui tentait de s'affirmer dans le chaos de la guerre et de la révolution.
Son régime, tentative de compromis entre les nations et entre les factions, ancré dans les traditions politiques proprement ukrainiennes, fut éphémère mais contribua à consolider le statut d'État de l'Ukraine.
Le livre replace cet épisode crucial dans le contexte de l'histoire ukrainienne et plus particulièrement des événements consécutifs à la révolution russe de 1917. Au-delà de la figure attachante et de la vie mouvementée de Pavlo Skoropadsky, il illustre un cas d'école d'édification de l'État, aux échos encore très actuels pour l'Ukraine et les autres parties de l'ancienne Union soviétique.
Iaroslav Lebedynsky enseigne l'histoire de l'Ukraine à l'Institut national des langues et civilisations orientales. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à ce pays, aux Cosaques et à l'histoire ancienne des steppes et du Caucase du Nord.
192 pages
Éditeur : L'Harmattan
18 euros
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mardi, 11 mai 2010
CONFLIT MÉMORIEL : La controverse autour de Stepan Bandera et l'avenir de l'Ukraine, par Mykola Riabtchouk
Rarement un document émis par le Parlement européen aura fait autant de bruit en Ukraine que sa résolution du 25 février 2010 sur la situation dans le pays, en particulier son paragraphe 20, déclarant que le Parlement européen « regrette vivement la décision du président ukrainien sortant, Victor Iouchtchenko, d'accorder à titre posthume à Stepan Bandera, chef de l'organisation nationaliste ukrainienne OUN qui collabora avec l'Allemagne national-socialiste, le titre de "héros national de l'Ukraine" ; espère, à cet égard, que la nouvelle équipe dirigeante en Ukraine reconsidèrera ce genre de décision et confirmera son engagement en faveur des valeurs européennes » (1).
Des milliers d'Ukrainiens ont répondu au Parlement européen avec une pétition qualifiant sa décision « de non fondée historiquement et s'appuyant sur de la désinformation », « insultant les millions d'Ukrainiens tués ou victimes de la répression pour leur engagement en faveur de la liberté et de l'indépendance », et discréditant « l'idée même de l'intégration européenne chez les Ukrainiens qui y sont favorables ».
« Le 30 juin 1941 », affirment-ils, « Stepan Bandera et ses compagnons ont annoncé le renouveau de l'Etat indépendant ukrainien à L'viv contre la volonté de l'Allemagne hitlérienne. Pour cela, ils ont été tués ou incarcérés dans les camps de concentration allemands. Bandera lui-même fut emprisonné au camp de Sachsenhausen. Ses frères Oleksandr et Vasyl furent tués dans l'infâme camp d'Auschwitz (2). Le mouvement de libération nationale dirigé par Bandera combattit pour l'Etat indépendant d'Ukraine contre les occupants bolcheviks et nazis. Ni l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN-B) dirigée par Bandera, ni l'Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA) ne furent mentionnées dans les verdicts du procès des principaux criminels de guerre au Tribunal Militaire International de Nuremberg » (3).
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vendredi, 07 mai 2010
Création du Comité Civique pour le Salut de l'Ukraine (HKPU)
Un groupe d'intellectuels ukrainiens renommés a lancé la création du Comité Civique pour le Salut de l'Ukraine, HKPU, à Kyiv le 5 mai dernier. La réunion de fondation a été tenue à l'Union des Ecrivains, selon une nouvelle du journal UNIAN.
Les organisateurs ont invité les responsables de tous les grands et petits partis d'opposition d'assister à cette fondation.
"Pour plaire à leurs maîtres du Kremlin, le nouveau régime, après la cession d'une partie de la Crimée, se prépare maintenant à abandonner l'industrie aéronautique ukrainienne, les industries et la recherche nucléaires. Le régime liquide l'Ukraine à une échelle sans précédent".
"Pour apaiser ses patrons étrangers, le régime de Yanukovych a commencé son attaque contre la langue ukrainienne et contre la liberté de la presse, il fait marche arrière sur le chemin de l'intégration à l'Europe malgré ses proclamations officielles et falsifie l'histoire ukrainienne. C'est une honte et un crime de nier l'Holodomor en tant que génocide des Ukrainiens et d'ériger des monuments à Staline, le cerveau de l'Holodomor."
Les organisateurs croient que des comités civiques de salut identiques doivent être organisés dans les oblasts de toute l'Ukraine.
"Nous demandons que les chefs des partis politiques arrêtent leurs disputes sur la direction de l'opposition et coopèrent dans cette campagne pour sauver l'Ukraine. Nous devons être unis comme le poing dans un unique et puissant combat national. Chaque Ukrainien doit se lever pour défendre son pays."
"Tous les citoyens, la jeunesse, les organisations environnementales, les syndicats, les groupes pour les droits civiques et d'autres organisations doivent rejoindre le comité."
L'appel par les intellectuels Ukrainiens a été signé par Volodymyr Vasylenko, Bohdan Horyn, Levko Lukyanenko, Youriy Mouchkety, Dmytro Pavlytchko, Vasyl Ovsienko, Roland Franko, Valeriy Chevtchouk, Youriy Chtcherbak, Volodymyr Tsybulko, Youriy Androukhovytch, Taras Voznyak, Mykola Riabtchouk et d'autres.
Source du texte : ZIK.COM
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dimanche, 25 avril 2010
Manifestations en Ukraine contre la présence de la flotte russe
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi devant le parlement ukrainien à Kiev, protestant contre l'accord prolongeant pour 25 ans la présence de la Flotte russe de la Mer noire à Sébastopol.
L'ancienne cheffe du gouvernement Ioulia Timochenko a appelé les manifestants à s'unir contre cet accord, signé mercredi, qu'elle a qualifié de "acte sans précédent de trahison nationale et de honte".
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jeudi, 22 avril 2010
La flotte russe reste à Sébastopol pour 30 ans
En contrepartie d'un accord sur le prix du gaz russe, l'Ukraine permet à la Russie d'asseoir sa présence militaire sur la mer Noir.
Du gaz moins cher contre des bateaux de guerre. C'est le troc historique auquel sont parvenues mercredi la Russie et l'Ukraine, à l'occasion de la première visite dans le pays, à Kharkiv, du président Dmitri Medvedev auprès de son homologue récemment élu, Viktor Ianoukovitch.
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mardi, 02 mars 2010
Un livre unique sur la famine-génocide ukrainienne de 1932-33
"HOLODOMOR. La Grande Famine en Ukraine 1932-1933" est le septième volume de la série "La Pologne et l'Ukraine pendant les années 1930 et 1940" .
Ce nouveau volume contient plus de 230 documents d'archives non-publiés jusqu'à ce jour : du matériel provenant des Services de Renseignement polonais, de la police et des administrations locales de la Pologne d'avant-guerre. Il y a aussi des lettres de diplomates traitant de l'Holodomor, des directives et des protocoles d'interrogatoire.
Les spécialistes croient que les documents reflètent la situation réelle en Ukraine pendant l'Holodomor et donneront au lecteur une idée de l'échelle réelle de la tragédie du peuple ukrainien.
La plupart des documents figurant dans ce livre sont publiés pour la première fois.
L'auteur du livre, Dr Jerzy Bednarek, de l'Institut du Souvenir National, expliqué à Radio Svoboda (radio financée par le Congrès des Etats-Unis : Radio Free Europe / Radio Liberty) pourquoi ce livre est unique : "Les documents publiés viennent de l'OGPU soviétique, devenu le NKVD. Un point intéressant ici est que beaucoup de documents d'archives proviennent d'agents de renseignement attachés aux bureaux diplomatiques étrangers et travaillant dans les régions englouties par la famine. Les services de sécurité soviétique prenaient soin de s'assurer qu'aucune information sur la famine ne puisse atteindre l'Occident. Dans une certaine mesure ils ont réussi. Les documents sont la preuve directe que les autorités soviétiques ont essayé à tout prix de garder le secret et fait de la rétention d'informations au sujet de l'Holodomor".
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vendredi, 29 janvier 2010
29 janvier 1918 : Bataille de Krouty
La bataille de Krouty (Битва під Крутами en ukrainien) fut un affrontement entre élèves-officiers ukrainiens de la République nationale ukrainienne et soldats de l'Armée rouge. Elle se déroula le 29 janvier 1918, sur l'emplacement d'un nœud ferroviaire situé près de Krouty, à 130 km au nord-est de Kiev. La bataille, qui est aujourd'hui considérée comme un symbole de la résistance ukrainienne à l'armée soviétique, s'inscrivit dans le cadre du conflit soviéto-ukrainien de 1917-1921 et de la guerre civile russe.
Lors de l'avancée vers Kiev d'une division de l'Armée rouge de 4.000 hommes commandée par Mikhaïl Mouraviev, un petit détachement de cadets de la République nationale ukrainienne commandé par le capitaine Ahapiy Honcharenko fut hâtivement constitué et envoyé pour interception. L'unité ukrainienne, qui comptait 500 hommes (certaines sources parlent de 300 hommes), était principalement composée d'élèves fantassins de Sitch, une unité de l'École des cadets de Khmelnytsky, et de cosaques haïdamaks. Près de la moitié des hommes périt durant la bataille qui dura plus de 5 heures.
En mars 1918, après le retour de la Rada centrale dans la capitale ukrainienne, onze corps d'élèves furent réenterrés dans le tombeau d'Askold situé dans le centre-ville de Kiev. Le président ukrainien de l'époque, Mykhaïlo Hrouchevsky, donna le titre de héros aux 500 élèves ayant combattu. Le poète ukrainien Pavlo Tychyna dédia un poème à la mémoire et à la mort héroïque des jeunes hommes.
Après la chute de la République nationale ukrainienne, les corps furent transférés au cimetière Lukyanivske de Kiev. Au fil des ans, l'histoire de la bataille fut occultée par le gouvernement soviétique ukrainien. En 1998, un monument commémorant les 80 ans de la bataille fut érigé au tombeau d'Askold. En 2001, une pièce commémorative en monnaie locale fut fondue. Enfin en 2006, le gouvernement ukrainien érigea le mémorial des héros de Krouty sur le site même ou la bataille se déroula quelque 88 ans plus tôt.
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vendredi, 04 décembre 2009
Guerre mémorielle : Russie et Israël condamnent les révisions de l'histoire
Israël soutient à part entière la Russie dans sa lutte contre les tentatives visant à falsifier l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, a annoncé vendredi aux journalistes russes le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev.
"Nous avons discuté de ce thème... et nous en sommes arrivés à une totale entente. Les Israéliens sont intéressés à ce que les résultats de la Seconde Guerre mondiale ne soient pas révisés, à ce qu'on en parle d'une manière objective et ils sont prêts à coopérer avec nous", a déclaré M.Patrouchev au terme de ses entretiens avec les dirigeants israéliens.
Le mois passé, 26 députés du parlement israélien ont adressé une lettre aux dirigeants ukrainiens visant à protester contre "la vague d'antisémitisme" en Ukraine, notamment contre la glorification de criminels nazis, dont le haupsturmführer SS et commandant en chef de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) Roman Choukhevitch.
Source du texte : RIA NOVOSTI
Note de Theatrum Belli : Le nationaliste ukrainien Roman Choukhevytch n'a pas plus été un criminel nazi qu'un Haupsturmführer de la SS. Ce mensonge de la propagande soviétique est encore utilisée à cause de la charge émotionnelle induite par le fait d'avoir appartenu à cette organisation (se souvenir du cas récent de l'écrivain allemand Günter Grass).
Il est par contre avéré qu'il fut le commandant du bataillon Nachtigall, unité recrutée par le bureau de Cracovie de l'Organisation des Nationalistes ukrainiens de la branche pro-Bandera (OUN-B) en avril 1941. Equipé par la Wehrmacht et rattaché au régiment Brandebourg n°800 qui dépendait de l'Abwehr II, le bataillon entra dans Lviv le 30 juin 1941 puis, après quelques combats dans la région de Vinnytsia, il fut dissous en août avant de reformer avec des éléments de l'autre unité ukrainienne Roland, le 201ème bataillon de police (Shutzmannschaftbataillon 201) qui combattit dès mars 1942, les partisans soviétiques dans le triangle Mohilev-Vitebsk-Lepel en Biélorussie. Dissous le 1er décembre 1942, nombre de ses officiers furent arrêtés ou confinés par les Allemands. Choukhevytch, lui, réussit à fuir pour rejoindre l'Armée insurrectionnelle Ukrainienne (UPA) dont il devint ultérieurement le commandant en chef sous le nom de guerre de Taras Tchouprynka.
Sources :
- Wolodymyr KOSYK : L'Allemagne national-socialiste et l'Ukraine, Publications de l'Est Européen, Paris, 1986, p:143 à 152.
- Christophe Dolbeau : Face au bolchevisme, petit dictionnaire des résistances nationales à l'est de l'Europe, 1917-1989, Editions Artic, Lyon, 2006, p:310 et 321.
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mardi, 10 novembre 2009
Histoire de l'Ukraine et des cultures guerrières de la steppe : entretien avec Iaroslav LEBEDYNSKY
Ukrainien d'origine, Iaroslav Lebedynsky est né à Paris en 1960. Il est historien, spécialiste des anciennes cultures guerrières des peuples de la steppe et du Caucase. auxquelles il a consacré de nombreux ouvrages. Il enseigne depuis 1997 l'histoire de l'Ukraine à l'Institut national des langues et civilisations orientales de Paris.
A quand remonte votre passion pour l'histoire ?
Je ne m'en souviens pas, j'ai dû naître comme ça ! Mais ce n'est pas une passion exclusive pour l'histoire, que je ne sépare pas de la linguistique et d'autres disciplines qui, à mon avis, sont toutes des parties d'une même "science humaine". J'essaie en tout cas, dans mes propres travaux, de faire la synthèse des données de l'histoire proprement dite (les sources), de l'archéologie, de la linguistique, de l'anthropologie physique, de l'histoire de l'art... Traitant de peuples disparus et de cultures éteintes qui, pour la plupart, n'ont pas eu d'expression écrite, je considère que cette synthèse est la seule méthode qui permette d'en donner une image étoffée à défaut de pouvoir être complète.
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dimanche, 08 novembre 2009
Holodomor : le génocide par la faim
L'Ambassade d'Ukraine et le Ciné-club ukrainien ont l'honneur de vous inviter le vendredi 27 novembre 2009 à 19h pour la projection du film Famine 33 (Голод-33) de Oles Yanchuk, en version originale sous-titrée en français, inspiré de l'œuvre de Vassil Barka, Le prince jaune (''Жовтий князь'') dont la traduction française est parue chez Gallimard en 1981.
Ce Film primé au Festival de Vincennes de 2008, est une évocation bouleversante du "Holodomor", la famine-génocide organisée par le pouvoir soviétique en 1932-1933 pour exterminer la paysannerie ukrainienne en tant que vecteur irréductible de l'identité nationale et des traditions de ce peuple.
La projection sera suivie d'une Intervention de Jean-Louis Panné (historien et éditeur), de la présentation par Iryna Dmytrychyn d'un témoignage d'une survivante du "Holodomor", à paraître aux Editions l'Harmattan et de l'inauguration de l'exposition organisée par la Fondation Ukraine 3000, "Exécution par la faim : le génocide inconnu des ukrainiens - 1932-1933, qu'en savez-vous ?"
Espace culturel de l'Ambassade d'Ukraine
22, avenue de Messine, Paris 8e, métro Miromesnil
Renseignements au 01 43 59 03 53
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vendredi, 16 octobre 2009
Pas de bouclier américain en Ukraine
Le porte-parole du Conseil de sécurité des Etats-Unis, Mike Hammer, a déclaré, le 15 octobre, que Washington n'envisageait pas d'installer de station radar ni aucun élément de son système de bouclier antimissile en Ukraine.
C'est la première réaction officielle américaine, après que l'ambassadeur ukrainien aux Etats-Unis, Oleg Chamchour, a annoncé que l'Ukraine et les Etats-Unis menaient des négociations sur le sujet, rapporte le journal moscovite. La Russie reste préoccupée par le nouveau projet de bouclier américain.
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mercredi, 07 octobre 2009
Projection à Paris du film ukrainien "The Undefeated" d'Oles YANCHUK (15 octobre)
Projection du film ukrainien "L'invaincu" (The undefeated / Нескорений, 2000) en présence de son réalisateur Oles Yanchuk.
LIEU :
Centre culturel ukrainien
75008 Paris
Métro : Miromesnil
DATE : jeudi 15 octobre 2009 à 19 heures
Le film sera montré en version originale ukrainienne sous-titrée en anglais et a une durée de 105 min.
SYNOPSIS : Evocation épique de la vie du héros et résistant, Roman Choukhevytch (Роман Шухевич), le "Michael Collins ukrainien", membre de l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens , puis commandant suprême de l'Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (Української Повстанської Армії) qui luttera notamment contre les Allemands et les Soviétiques (partisans ou réguliers de l'Armée rouge) pour la préservation de l'identité ukrainienne et l'émergence d'un État libre et souverain.

La prestation de serment
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